IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Méthode d'analyse des protéases de type subtilisine et évaluation des concentrations de l'air ambiant de cinq centres hospitaliers

Sommaire

La subtilisine est une enzyme protéolytique présente dans une multitude d’utilisations industrielles; elle agit notamment comme dégraisseur dans les biofontaines et comme agent de préstérilisation en centres hospitaliers. Des réactions allergiques pulmonaires reliées à l’exposition aux enzymes protéolytiques que l’on retrouve dans les produits nettoyants ont été rapportées. Il est reconnu que l’exposition aux enzymes en milieu de travail cause des sensibilisations chez les travailleurs et peut induire de l’asthme. Le potentiel allergique de la subtilisine serait identique à celui des autres enzymes telles les amylases, les cellulases et les lipases. Sa valeur d’exposition plafond est très faible (60 ng/m3) et la recirculation de l’air dans la pièce où elle est utilisée est prohibée. Pourtant, malgré l’existence d’une valeur plafond, il n’existe encore aucune méthode de mesure standardisée et spécifique permettant d’évaluer les risques reliés à la présence de subtilisine dans les milieux de travail.
 
L’objectif principal de cette étude était de développer et d’implanter une méthode d’analyse spécifique de la subtilisine applicable aux concentrations rencontrées en milieu de travail. Bien que non spécifique, une méthode de dosage enzymatique des protéases a été développée. Cette méthode permet d’analyser rapidement les concentrations de toutes protéases (de type subtilisine) dans l’air ambiant des milieux de travail. Elle peut également servir à quantifier les concentrations de protéases contenues dans les savons, ce qui permettait de limiter les campagnes de prélèvements d’échantillons de l’air ambiant dans les hôpitaux qui utilisaient des détergents contenant de la subtilisine. L’analyse des produits utilisés peut ainsi constituer une première étape d’évaluation de l’exposition en milieu de travail. Dans les hôpitaux participants, les prélèvements d’air ambiant ont permis d’établir que l’étape du lavage manuel des instruments et des endoscopes constitue la source principale d’exposition des travailleurs aux aérosols pouvant contenir de la subtilisine. Les laveurs automatiques ne se sont pas avérés être une source d’exposition.
 
Un objectif secondaire de l’étude consistait à explorer la possibilité de caractériser, par protéomique, les protéines, particulièrement la subtilisine, présentes dans les savons utilisés dans les hôpitaux participants. Les analyses protéomiques ont permis de caractériser les protéines présentes dans les savons et ont confirmé non seulement la présence de subtilisine, mais également celle d’autres enzymes telles que les alpha-amylases. L’analyse protéomique, dans un contexte de santé et de sécurité du travail (SST), présente un potentiel d’utilisation réel pour effectuer la caractérisation des enzymes présentes dans les milieux de travail et doit être explorée.
 
Le recours à la substitution comme moyen de prévention est certainement une avenue intéressante à envisager puisque les produits sans subtilisine émergent graduellement, mais la substitution doit se réaliser avec prudence. Comme démontré par ce travail de recherche sur l’analyse protéomique, la présence d’autres enzymes sensibilisantes dans les savons est possible et doit être considérée et vérifiée.

Informations complémentaires

Collection : Rapports scientifiques
Catégorie : Rapport
Auteur(s) :
Projet de recherche : 0099-9010
N° de publication : R-927
Langue : Français
Date de publication : 25 octobre 2016
Format : Texte