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Communiqué   


           

Évaluation de l’exposition des travailleurs aux nanoparticules  

Nano QuébecMontréal, le 4 octobre 2012 – Pour la première fois, des résultats d'évaluation des concentrations de nanomatériaux (NM) provenant de cas réels d'exposition professionnelle sont publiés. Ils découlent d'une étude dont l'objectif principal était d'évaluer l'exposition à des NM, soit à des particules ultrafines (PUF) et des nanoparticules (NP), dans deux écoles de soudage, une aluminerie, une usine de transformation de matières thermoplastiques et trois laboratoires universitaires producteurs ou utilisateurs de NP au Québec.

Résultats
Si les évaluations n'ont pas permis de mettre en évidence d'importantes concentrations de NP dans les trois laboratoires de recherche, il en va autrement dans les autres lieux où des mesures ont été prises. Ainsi, des concentrations importantes de PUF ont été mesurées dans l'aluminerie, particulièrement près des cuves. Pour leur part, les apprentis soudeurs étaient surtout exposés à des pics de concentration de particules dans les deux écoles qui ont été évaluées. Parmi les six procédés de soudage étudiés, celui de l'oxycoupage générait le plus de particules et, lorsque l'aluminium était utilisé, des concentrations plus importantes étaient mesurées. Quant aux travailleurs de l'usine de transformation de matières thermoplastiques, ils sont eux aussi exposés à des niveaux importants de nanoparticules de carbone dans les salles d'entreposage et de transformation, particulièrement lors du fonctionnement de l'extrudeuse. « Notre étude ne portait que sur un des aspects de l'évaluation des risques pour la santé des travailleurs. Il est important de se rappeler qu'il existe encore des incertitudes scientifiques et qu'avant de se prononcer sur le risque lui-même et sur les moyens de prévention à mettre en place, les préventeurs doivent aussi se pencher sur la toxicité des NM auxquels les travailleurs sont exposés », explique les coresponsables du projet, André Dufresne, et Maximilien Debia, du Département de santé environnementale et santé au travail de l'Université de Montréal.

Méthodologie
Cette étude découle d'un appel de propositions lancé conjointement par l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) et NanoQuébec. Pour la réaliser, les chercheurs ont procédé à l'évaluation des concentrations numériques à l'aide de compteurs de particules (P-Track, modèle 8525) et utilisé un impacteur basse pression à détection électrique (ELPI) pour mesurer la taille des NM. Bien qu'il n'y ait pas de consensus concernant les mesures d'évaluation, l'étude démontre que le P-Track est un outil bien adapté pour évaluer les concentrations de PUF alors qu'il réside plusieurs incertitudes pour l'évaluation de l'exposition à des NP. Les études terrain devraient intégrer une évaluation de la distribution de la taille des particules pour confirmer leur présence. Rappelons qu'au Québec et au Canada, il n'y a actuellement ni réglementation ni norme spécifiques aux NM en santé et sécurité du travail.

L'étude peut être consultée gratuitement : http://www.irsst.qc.ca/.

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Source
Jacques Millette
Responsable des affaires publiques
IRSST

Pour information
Maximilien Debia
DSEST, Université de Montréal
514 343-6134

 
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