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Le risque sanitaire chez les travailleuses et travailleurs du transport des matières résiduelles et des déchets


Le risque sanitaire chez les travailleuses et travailleurs du transport des matières résiduelles et des déchets

La collecte des matières résiduelles est essentielle à la gestion des déchets au Québec. Toutefois, en plus des particules liées à la circulation routière, les travailleuses et travailleurs de ce secteur peuvent être exposés à des bioaérosols, soit des particules en suspension dans l’air contenant des bactéries, des toxines bactériennes et des allergènes.

Des milieux de travail exposés à des contaminants biologiques 

Les résultats de recherche montrent que les personnes qui collectent et transportent les ordures ménagères peuvent être exposées à des niveaux élevés de contaminants biologiques. Les éboueurs présentent généralement les expositions les plus importantes, tandis que les chauffeurs sont moins exposés en continu, mais voient leur exposition augmenter lors des opérations de transbordement sur les sites de décharge.

Les bioaérosols associés aux déchets ont démontré un potentiel toxique sur les cellules pulmonaires et hépatiques. La contamination peut aussi provenir de l’habitacle des camions : les vêtements de travail et les surfaces des sièges, surtout lorsqu’ils sont en tissu poreux, favorisent l’accumulation de contaminants.

À ce jour, aucune norme ne définit de niveau minimal de performance ni de méthode d’essai complète pour les filtres d’air d’habitacle de ce type de véhicules, ou de directive concernant le remplacement préventif des filtres. Ces constats soulignent l’importance de renforcer les mesures de prévention afin de réduire l’exposition des travailleuses et des travailleurs. 

Les observations et les recommandations de l'équipe de recherche

S’appuyant sur ses travaux de recherche, l’équipe scientifique propose différentes recommandations afin de favoriser les meilleures pratiques de prévention en santé et sécurité pour les personnes travaillant dans le secteur de la collecte des matières résiduelles.

Mieux protéger les travailleuses et travailleurs En charge de la collecte des déchets

  1. Utiliser des bras mécaniques et revoir l’utilisation des petits bacs bruns, en interdisant le transfert des résidus entre les bacs, afin de réduire la manipulation manuelle des déchets et de limiter les contacts directs des éboueurs avec les résidus, tout en maintenant une plus grande distance avec les voies respiratoires.
  2. Le port d’un appareil de protection respiratoire (APR) n’est pas réaliste pour les éboueurs, en raison des contraintes physiques du travail. Des modifications aux camions sont donc à privilégier, comme l’aspiration à la source vers la benne, l’ajout d’un mur d’air pour limiter la dispersion des particules ou l’activation du transbordement sans sortir de la cabine.
  3. L’organisation de la collecte a un impact sur la santé des travailleurs : espacer les collectes peut entraîner des bacs plus lourds et une augmentation de la contamination.

Mieux protéger les travailleuses et travailleurs en charge du transport des déchets 

  1. Lors des transbordements sur les sites de décharge, l’exposition peut être réduite en limitant le temps passé à l’extérieur du camion et, au besoin, en portant un appareil de protection respiratoire (APR).
  2. L’habitacle des camions contribue à l’exposition : sièges en tissu poreux, filtres peu performants, relargage de particules (libération progressive de particules dans les filtres) favorisent l’accumulation de contaminants. Des mesures simples — sièges en cuirette, ventilation en mode recirculation, filtres d’habitacle plus efficaces et bien entretenus — peuvent améliorer la qualité de l’air et mieux protéger les conducteurs.
  3. En l’absence de normes, privilégier des filtres d’habitacle performants et bien entretenus constitue une mesure clé pour réduire l’exposition des travailleurs.