Même sur de courtes périodes, l’exposition quotidienne aux particules respirables en milieu de travail peut nuire à la santé pulmonaire. Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Montréal et du Centre universitaire de santé McGill met en lumière des effets mesurables sur l’inflammation pulmonaire et la fonction respiratoire chez de jeunes travailleurs exposés à des particules fines et ultrafines.
Une réalité encore peu documentée
De nombreux travailleurs sont exposés quotidiennement à des concentrations de particules dans l’air ambiant supérieures à celles rencontrées par la population générale. Pourtant, les effets de cette exposition journalière sur la santé respiratoire demeurent encore peu étudiés, notamment dans les milieux de travail variés.
Trois objectifs pour mieux comprendre les risques
- Évaluer l’exposition quotidienne d’apprentis de différents milieux de travail aux particules respirables et à leur potentiel et charge oxydative sur cinq jours consécutifs ;
- Mesurer l’association entre cette exposition journalière et l’inflammation pulmonaire ;
- Comparer les effets respiratoires observés chez les travailleurs à ceux mesurés chez des adultes de la population générale en bonne santé.
Des effets observés même avec une exposition de quelques heures
Les résultats montrent qu’une exposition accrue, même sur quelques heures, est associée à une augmentation de l’inflammation pulmonaire et à une diminution de la fonction respiratoire, et ce, au niveau d’exposition actuellement rencontrée en milieu de travail.
Ces effets soulignent l’importance de ne pas sous‑estimer les effets sanitaires des particules respirables, en particulier celles présentant un fort potentiel oxydatif capable de déclencher l’inflammation, une altération de la fonction respiratoire ou d’autres effets négatifs sur la santé lorsqu’elles sont inhalées de façon répétée.
Miser sur la prévention au quotidien
Ces travaux rappellent que, même à court terme, l’exposition aux particules en milieu de travail peut avoir des effets concrets sur la santé respiratoire. Cela renforce l’importance d’un contrôle quotidien de l’exposition aux particules respirables ainsi que des mesures de prévention pour protéger les travailleuses et travailleurs, telles que :
- la captation des contaminants à la source ;
- l’adoption de méthodes de travail réduisant l’émission de particules ;
- la formation des travailleurs à l’utilisation adéquate de la protection respiratoire.
Bien que menée dans un nombre ciblé de milieux et auprès d’une population principalement composée de jeunes apprentis, cette étude contribue à améliorer la compréhension des effets des particules respirables en contexte réel de travail. Elle constitue une base solide pour orienter de futures recherches, notamment par la diversification des milieux étudiés, l’élargissement des populations et l’utilisation de plusieurs méthodes de mesure du potentiel oxydatif. De plus, la prise en compte possible de co‑expositions à d’autres contaminants ouvre la voie à des analyses plus complètes des expositions professionnelles.