IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Réadaptation au travail

Réadaptation au travail

Préoccupations

Entre 2000 et 2008, alors que le nombre de personnes sur le marché du travail n’a cessé d’augmenter, le nombre annuel de lésions professionnelles avec perte de temps indemnisée (PTI) n’a cessé de diminuer.

À l’inverse, la proportion de cas référés en réadaptation augmentait chaque année, passant de 5 % des lésions survenues en 2000, à 9 % en 2008. De plus, le nombre de jours indemnisés en réadaptation a continué de croître. Il est établi que la durée d’indemnisation augmente en fonction de l’âge des travailleurs et qu’elle est plus longue chez les hommes.

Toute proportion gardée cependant, le taux de référence en réadaptation est plus élevé chez les femmes. De 2005 à 2007, 8 % des lésions référées en réadaptation ont accaparé 58 % des débours d’indemnité de remplacement de revenu.

Comment sont mises en perspective les problématiques du champ?

Nous avons notamment recours à :

  • des données statistiques
  • des cartographies
  • de la veille scientifique

 et nous sommes à l’écoute des besoins exprimés par les milieux de travail.

Objectifs

La recherche en réadaptation au travail contribue à prévenir ou à réduire, chez les travailleurs victimes de lésions professionnelles, les risques d’incapacité prolongée. Plus spécifiquement, elle soutient le retour durable et sécuritaire à l’emploi des travailleurs ayant subi une lésion.

Pour y parvenir, les chercheurs de ce champ étudient :    

  • les différents facteurs individuels, organisationnels, administratifs ou liés au système de santé, qui influent sur le bon déroulement du processus de retour au travail
  • les modes d’intervention visant la réadaptation et la réinsertion professionnelle des travailleurs.

Pour atteindre nos objectifs, 4 axes de recherche sont définis :

  • Développement d'instruments d'évaluation de la santé des travailleurs victimes de lésions professionnelles à risque d'incapacité
  • Étude des déterminants d'ordre individuel, clinique, organisationnel ou administratif au retour au travail
  • Développement et implantation d'interventions en réadaptation et retour au travail
  • Développement et implantation d'outils destinés aux intervenants en réadaptation et retour au travail.

Programmations et thématiques actuelles

  • Protection et soutien des travailleurs en situation de vulnérabilité

    Les travailleurs en situation de vulnérabilité regroupent des personnes qui, sur la base de leurs caractéristiques sociodémographiques ou professionnelles et des contextes de travail qui peuvent y être associés, courent un plus grand risque de lésions professionnelles ou d’incapacité prolongée. Elles incluent les jeunes, les travailleurs vieillissants, les femmes et les travailleurs immigrants ou issus des minorités ethnoculturelles. Cette thématique de recherche vise, au cours de l’exercice quinquennal 2013-2017, à mieux comprendre et évaluer les besoins relatifs à ces catégories spécifiques de travailleurs.

  • Risque d’incapacité prolongée chez les travailleurs

    Cette thématique de recherche met l’accent sur le travailleur et vise à définir des prédicteurs de l’incapacité prolongée, en termes de jours d’absence du travail et à cibler les groupes les plus à risque. Pour y parvenir, la connaissance des principaux indicateurs, la relation entre ces derniers et le développement d’outils de prédiction sont cruciaux pour permettre un retour plus rapide au travail.

  • Soutien à l’intervention en milieu clinique

    Les objectifs de cette thématique sont d’améliorer les interventions réalisées dans le système de santé de manière à agir le plus efficacement possible. Le but est d’accélérer le processus de réadaptation afin d’initier les démarches de réinsertion professionnelle, de façon graduelle ou complète, tout en s’assurant de la sécurité des patients et d’une meilleure adaptation des services à leurs besoins spécifiques.

  • Soutien aux démarches de retour au travail en entreprises

    Lorsque les travailleurs sont prêts à initier un retour graduel ou complet au travail, les différentes parties prenantes de ce processus (ex. : assureur, milieu clinique, milieu de travail) doivent être mises à contribution afin de favoriser un retour sécuritaire et durable. L’objectif de cette thématique est donc de développer des interventions ou des outils d’aide afin de permettre à chacun de ces acteurs de jouer ce rôle de façon optimale. Le Plan stratégique 2010-2014 de la CNESST met d’ailleurs un accent particulier sur la façon de prêter assistance aux travailleurs et de les accompagner vers un retour au travail prompt et durable.

Données statistiques : les problématiques expliquées

Parmi les 7 600 lésions référées en réadaptation annuellement en 2005-2007, 30 % avaient pour siège le dos, soit environ 2 200 cas par année. Parmi l’ensemble des lésions au dos (avec ou sans référence en réadaptation) :

  • 19 % étaient des accidents traumatiques
  • 74 % des troubles musculo-squelettiques (TMS)
  • 8 % n’ont pu être classées.

Parmi les accidents traumatiques et les TMS, les lésions au dos référées en réadaptation représentent, dans l’ordre, 9 % et 7 % des cas, 58 % et 55 % des jours indemnisés et 59 % et 54 % des débours. Près des trois quarts des lésions avec perte de temps indemnisée au dos référées en réadaptation sont survenues à des travailleurs manuels. La région lombaire compte pour 70 % des lésions au dos référées en réadaptation.

  • Les travailleurs manuels référés en réadaptation ont davantage de lésions à la main ou aux doigts.
  • Les travailleurs mixtes en ont davantage au dos1.

Chez les travailleurs non manuels, la proportion de cas référés en réadaptation est plus élevée pour les sièges de lésions multiples.

Les travailleurs non manuels ont, proportionnellement, un peu moins d’entorses-foulures et de TMS. Ils présentent par contre une beaucoup plus grande proportion des troubles psychologiques référés en réadaptation en comparaison des autres travailleurs.

Les entorses-foulures constituent la principale nature des lésions référées en réadaptation. Cette nature de lésion varie légèrement en fonction du sexe, mais pratiquement pas en fonction de la catégorie professionnelle et du groupe d’âge. Les efforts excessifs (notamment en soulevant) comptent pour 49 % des cas référés en réadaptation et 47 % des débours totaux pour les lésions au dos.

Chez les 25 ans ou plus, les 15 sous-groupes de professions ayant les plus forts volumes de lésions admises en réadaptation comptent pour 55 % à 61 % des cas, des débours totaux et des jours indemnisés.

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