IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Prévention durable en SST et environnement de travail

Prévention durable en SST et environnement de travail

Préoccupations

Dans un contexte de mondialisation de l’économie et de modification de la structure industrielle et démographique, les travailleurs et les entreprises du Québec sont aux prises avec un monde du travail en transformation.

Les changements organisationnels, démographiques, sociaux et technologiques imposent certaines réalités pouvant avoir des répercussions sur la santé et la sécurité de la main-d’œuvre québécoise :

  • fusions d’établissements
  • essor des petites entreprises
  • diversification croissante des formes d’emploi (travail à temps partiel, travail précaire, sous-traitance, sécurité d’emploi)
  • organisation flexible (horaires atypiques, télétravail, ‘juste à temps’, redéfinition des tâches)
  • intensification du travail
  • nouveaux métiers
  • retraite anticipée.

Comment sont mises en perspective les problématiques du champ?

Nous avons notamment recours à :

  • des données statistiques
  • des cartographies
  • de la veille scientifique

et nous sommes à l’écoute des besoins exprimés par les milieux de travail.

Objectifs

Bien que l’accent soit mis sur la prévention durable des problèmes de SST incluant les troubles musculosquelettiques (TMS), ce champ veut aussi contribuer à la compréhension des facteurs sociaux, démographiques, organisationnels et technologiques ayant une incidence sur la survenue des lésions professionnelles. Pour mieux orienter les actions de prévention dans les milieux de travail, les facteurs suivants se situent au cœur des préoccupations du champ Prévention durable en SST et environnement de travail :

  • activité et environnement de travail
  • caractéristiques de l’entreprise
  • aspects humains et démographiques (âge, genre, main-d’œuvre immigrante)
  • formation
  • horaires de travail
  • facteurs psychosociaux.

L’élaboration d’outils de prise en charge de la SST et de pratiques en intervention ergonomique constitue une visée importante, tout comme le développement et l’application de méthodes de mesure et d’outils d’évaluation par l’intermédiaire de mesures et de la modélisation biomécanique, de questionnaires, d’enquêtes, etc.

Pour atteindre nos objectifs, 3 axes de recherche sont définis :

  • Analyse des impacts sur la santé et la sécurité du travail des changements organisationnels, démographiques et technologiques vécus au sein des entreprises.
  • Développement et application de méthodes de mesure et d'outils d'évaluation - mesures de l'exposition, des facteurs de risque et de protection, analyses de l'activité, enquêtes et outils de collecte.
  • Intervention et prise en charge des problèmes de SST - gestion de la SST dans les PE, transmission des savoirs et formation, démarches et outils de prise en charge de la SST, aménagement des situations de travail.

Programmations et thématiques actuelles

  • Principes de manutention

    La programmation sur les principes de manutention est axée sur la formation, mais celle-ci est considérée comme une porte d’entrée pour stimuler la prévention et des actions de transformation sur les déterminants de la situation de travail impliquant les équipements, l’aménagement, l’organisation du travail, etc. Des études biomécaniques et ergonomiques servent à développer une nouvelle approche en prévention, à former des intervenants et à faire le suivi des formations en milieu de travail.

  • TMS dans les centres d’appel d’urgence

    Cette programmation vise à documenter et à mieux comprendre les problèmes vécus par les travailleurs des centres d’appel d’urgence de façon à concevoir et implanter des avenues de solutions concrètes pour prévenir les risques d’apparition de troubles musculo-squelettiques et de santé psychologique.

  • TMS liés à la bureautique

    Les objectifs de cette programmation sont de mieux comprendre les facteurs qui influent sur la survenue des TMS lors du travail à l’ordinateur et de mettre à jour les meilleures pratiques en prévention à appliquer dans ce contexte. La programmation vise ultimement à produire un guide de bonnes pratiques en prévention des problèmes liés au travail à l’ordinateur en collaboration avec les partenaires, les intervenants du réseau et les acteurs dans les entreprises.

  • Développement et application de méthodes de mesure et d’outils d’évaluation

    Les travaux liés à cette thématique consistent à développer des méthodes ambulatoires d’évaluation des contraintes dorsales ou posturales dans le but de mesurer l’exposition des travailleurs à des risques de nature ergonomique en milieu de travail.

  • Interventions en milieu de travail

    Les études regroupées au sein de cette thématique visent à analyser le processus d’interventions de prévention des TMS et d’autres problématiques de SST, d’identifier les approches optimales, de les appliquer et d’en évaluer les impacts.

  • Transmission des savoirs de métier et de prudence et formation

    Les objectifs des travaux liés à cette thématique sont d’étudier les facteurs organisationnels qui favorisent la transmission des savoirs entre travailleurs d’expérience et novices, en vue notamment de favoriser le maintien en emploi de la main-d'œuvre vieillissante. Il s’agit aussi d’évaluer comment les formations professionnelles offertes dans le réseau ou en entreprise peuvent intégrer les dimensions de la SST.

  • Intégration de la SST au niveau de la conception

    L’intégration de la SST dès les étapes de la conception constitue un enjeu important dans le contexte d’une prévention primaire dans les milieux de travail. Cette thématique de recherche veut porter une attention particulière à cet enjeu, que ce soit lors de projets d’investissement et de conception.

Données statistiques : les problématiques expliquées

Les chercheurs de ce champ consacrent une place importante à la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS). C’est une problématique incontournable ciblée comme priorité dans le Plan stratégique 2010-2014 de la CNESST avec l’objectif d’en diminuer le nombre.

En 2005-2007, on comptait un peu plus de 92 000 lésions professionnelles avec perte de temps indemnisée annuellement; 37 % étaient des TMS.

En 2005-2007, sur les quelque 2,7 millions de travailleurs rémunérés équivalent à temps complet (ETC), près de 10 % avaient entre 15 et 24 ans. Le nombre annuel moyen de lésions pour ce groupe d’âge était d’environ 13 000, comptant pour 14 % de l’ensemble des lésions avec perte de temps indemnisée. La diminution du nombre de lésions chez les jeunes travailleurs de 24 ans et moins fait aussi partie des priorités du Plan stratégique 2010-2014 de la CNESST.

Pendant la même période, on relevait en moyenne annuellement chez les individus de 55 ans et plus, 10 437 lésions avec perte de temps (PTI), soit 11,3 % de l’ensemble des lésions. La durée moyenne d’indemnisation des 55 ans et plus était de 135 jours ce qui est nettement supérieur à la durée moyenne d’indemnisation enregistrée pour l’ensemble du Québec (88 jours).

Dans le contexte socio-économique actuel, les experts prévoient une tendance au maintien en emploi de travailleurs vieillissants. L’évolution démographique permet d’estimer que la population des 15 à 64 ans, qui fournit encore l’essentiel de la main-d’œuvre, cessera de croître et a amorcé un déclin depuis 2013. Au cours des années 2014 à 2018, 40 % de la croissance de l’emploi sera attribuable au maintien ou au retour en emploi des personnes de 65 ans ou plus.

Les petites entreprises de 50 travailleurs et moins sont au cœur de l’économie du Canada et du Québec. Selon Statistique Canada, 34 % des emplois en 2010 se retrouvent ces entreprises au Québec, et 31 % au Canada1. En 2009, Elles constituaient 95 % des établissements employeurs au Québec et au Canada2. Selon les chiffres de l’Enquête québécoise sur des conditions de travail, d’emploi et de SST, 45,3 % de la main-d’œuvre sont à l’emploi de celles-ci.

Entre 2004 et 2006, il y avait en moyenne, par année, 94 550 lésions avec perte de temps, dont un peu plus du tiers étaient survenues dans les petites entreprises. Les durées moyennes d’indemnisation étaient plus longues de 81 % dans celles-ci que dans les moyennes et grandes entreprises. Pour la même période, le ratio fréquence-durée des lésions est deux fois plus élevé.


  1. Statistique Canada, Emploi selon la taille de l’entreprise, par province et par territoire, Canada, Québec. http://www40.statcan.gc.ca/l02/cst01/labr77a-fra.htm;
  2. Industrie Canada (2010), Établissements employeurs selon la taille de l’établissement (nombre d’employés) dans les provinces et les territoires, juin 2009. http://www.ic.gc.ca/eic/site/sbrp-rppe.nsf/fra/rd02445.html#tableau3.
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