IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

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Communiqué de presse

Les risques pour la santé des travailleurs des usines de biométhanisation des matières organiques putrescibles

  • 10 juillet 2018

Montréal, le 10 juillet 2018 – Dans une étude exploratoire, des chercheurs ont détecté la présence et mesuré les concentrations d’agents biologiques (microorganismes pathogènes et totaux) et de substances chimiques dans l’air ambiant d’usines de biométhanisation de matières organiques putrescibles (MOP). Ils ont pu ainsi apprécier les risques potentiels pour la santé des travailleurs dans deux usines dont l’une procédait à des températures entre 35 et 40 °C avec des MOP d’origines résidentielle, commerciale et agroalimentaire, de même que des boues d’épuration des eaux usées tandis que l’autre traitait exclusivement des MOP d’origine résidentielle à des températures d’environ 55 °C. 

Des échantillons de l’air ambiant ont été prélevés en été et en hiver, et analysés pour déterminer les concentrations de gaz, de métaux, de composés organiques volatils, de poussière et de bioaérosols. Les résultats ont montré que les concentrations moyennes des métaux étaient bien en deçà des valeurs de référence d’exposition des travailleurs. « La situation était cependant différente pour les microorganismes. Pour plusieurs d’entre eux, les concentrations étaient supérieures aux valeurs guides de référence. De plus, leur diamètre était inférieur à 5 microns, ce qui permet à ces particules de s’introduire profondément dans le système respiratoire. Une exposition à long terme des travailleurs à ces contaminants biologiques pourrait donc augmenter notamment le risque d’affections respiratoires », précise une des auteurs, Bouchra Bakhiyi, de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Les scientifiques ont aussi identifié les zones de travail où les risques biologiques étaient plus élevés. Il s’agit de celles où les MOP sont manipulées directement, soit les aires de réception et de prétraitement, et aussi celle de post-traitement des résidus. Les aires de prétraitement, où se déroulent les opérations d’agitation des MOP par brassage et par arrosage, demeurent toutefois les plus à risque, été comme hiver. Il est donc recommandé aux travailleurs de porter des équipements de protection respiratoire et cutanée, particulièrement pour ceux qui œuvrent à proximité ou qui manipulent des MOP, ainsi que pour ceux qui participent aux opérations de nettoyage des équipements et des locaux.

Les résultats de cette recherche financée par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) peuvent être consultés sans frais à http://www.irsst.qc.ca/publications-et-outils/publication/i/100997/n/usines-biomethanisation. Pour en savoir davantage sur les recherches de l’IRSST, suivez-nous sur le Web, Twitter, Facebook, LinkedIn ou YouTube.


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Source
Jacques Millette
Responsable des affaires publiques
IRSST