IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Communiqué de presse

Étude des protocoles de gestion d’incident grave

  • 31 janvier 2018

Montréal, le 31 janvier 2018 – Des chercheurs ont évalué les protocoles d’intervention lors d’incidents critiques (IC) associés à l’industrie ferroviaire (collisions de train avec des personnes ou des véhicules) et qui causent, chaque année, le décès d’une vingtaine de personnes au Québec. Ils ont ainsi déterminé les éléments de ces protocoles qui ont des effets positifs importants sur la récupération des employés victimes de stress important, dont certains (entre 4 et 17 %) vivent des troubles plus sévères (état de stress post traumatique ou anxiété). Pour ce faire, les chercheurs ont interviewé à  quatre reprises 74 ingénieurs et conducteurs ayant vécu un IC afin d’évaluer l’utilisation et  l’efficacité des protocoles de gestion d’IC et de soutien déployés dans les entreprises, et, à deux reprises, 9 superviseurs appliquant ces protocoles.

L’étude a permis de constater que les protocoles existants sont souvent partiellement implantés ou le sont inégalement selon les employeurs, les provinces ou le type d’incident. En particulier, même si la santé des employés est affectée, les protocoles ne sont pas totalement appliqués si l’IC ne cause pas de décès. Les effets des IC sur les employés des chemins de fer sont très variés et non négligeables. Ils affectent les cognitions, l’énergie et les émotions des employés et peuvent nuire à leur capacité de faire leur travail de façon optimale. Cinq trajectoires de récupération ont été décrites, mais dans l’ensemble les effets négatifs se dissipaient dans le mois suivant l’IC pour les deux tiers des employés ayant vécu une telle situation. Ces effets persistaient toujours après 3 mois pour 20 % des travailleurs et après 6 mois pour 13 % d’entre eux.

Cécile Bardon
Cécile Bardon

Les résultats montrent que divers éléments des protocoles de gestion d’IC et de soutien ont une influence sur le processus de récupération tels que la présence d’un superviseur sur les lieux et sa prise en charge de la scène d’accident, l’empathie, l’absence de pression mise sur les employés pour qu’ils poursuivent le travail ou y reviennent prématurément, la prise de congés automatiques, une procédure claire de retour au travail et d’évaluation des capacités de l’employé à reprendre ses activités professionnelles, un contexte de travail positif, etc.

« Il apparait nettement que la gestion de l’IC et le soutien offert par l’employeur constituent des facteurs importants favorisant la récupération des ingénieurs et des conducteurs de train. Les entreprises ferroviaires ont des protocoles qui incluent déjà la majorité des actions considérées comme efficaces. L’application rigoureuse de ces protocoles constitue vraiment la première étape vers l’amélioration des pratiques et donc de l’atténuation des effets négatifs des IC sur le personnel de l’industrie ferroviaire », précise l’auteure principale, Cécile Bardon, du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide, enjeux et éthique des pratiques de fin de vie (CRISE) de l’UQAM.

L’étude intitulée Évaluation de différents protocoles de gestion d’incident et de soutien aux employés des chemins de fer après un événement grave peut être consultée sans frais à http://www.irsst.qc.ca/publications-et-outils/publication/i/100968/n/gestion-incident-soutien-employes-incident-grave. Pour en savoir davantage sur les recherches de l’IRSST, suivez-nous sur le Web, Twitter, Facebook, LinkedIn ou YouTube.

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Source
Jacques Millette
Responsable des affaires publiques
IRSST