IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Fiches de l’IRSST concernant la COVID-19

Note : Les avis sont présentement en cours de révision.

La situation et les connaissances en lien avec la COVID-19 évoluent rapidement, nos recommandations sont sujettes à des mises à jour périodiques.
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Y a-t-il un risque à porter un masque en contexte de chaleur en milieu de travail?

  • Version du : 06 octobre, 2020, 08:00

Y a-t-il un risque à porter un masque en contexte de chaleur en milieu de travail?

Cette fiche est destinée aux travailleurs qui, en contexte de chaleur en milieu de travail intérieur ou extérieur, doivent porter un masque de procédure. Les travailleurs qui doivent porter un appareil de protection respiratoire (p. ex. : masque filtrant de type N95) ne sont pas visés par cette fiche.

Attention

Veuillez noter également que cette fiche ne se prononce pas sur l’impact, quant à la chaleur, du port d’autres vêtements de protection (blouse, bonnet) ou de la visière, en plus du masque.

Mise en contexte

L’exposition à la chaleur peut entrainer des effets allant de la sensation d’inconfort thermique au coup de chaleur en situation de contrainte thermique. La contrainte thermique se définit selon des critères de température, d’humidité et d’ensoleillement ambiants, en fonction de la charge de travail. La combinaison de ces conditions peut faire augmenter la température corporelle interne. Afin de réduire les risques liés à la contrainte thermique à la chaleur, le lecteur est invité à se référer aux utilitaires de l’IRSST pour plus d’information. Au moment de l’arrivée de la saison chaude au Québec, des préoccupations avaient été formulées au sujet d’une possible contrainte thermique associée à l’obligation du port du masque dans certaines circonstances en raison de la pandémie de COVID-19.

Portée et limites

Cette fiche n’a pas de valeur légale ni réglementaire. Elle vise uniquement à soutenir les milieux de travail dans la mise en place de moyens de prévention qui permettront de maintenir ou de reprendre de manière sécuritaire leurs activités dans le contexte de la pandémie actuelle. Certaines des recommandations présentées pourraient s’avérer inapplicables ou encore, nécessiter une adaptation selon le contexte particulier du milieu de travail. Dans tous les cas, le jugement professionnel devra être utilisé afin de définir et d'implanter les mesures les plus appropriées.

Les recommandations formulées ci-dessous s’appuient sur la littérature scientifique et technique la plus à jour. Puisque la situation et les connaissances sur le virus SARS-CoV-2 (COVID-19) évoluent rapidement, ces recommandations sont sujettes à des mises à jour périodiques.

Types de masques visés par l'avis

Masque de procédure Masque barrière de type communautaire Appareil de protection respiratoire de type N95
Masque de procédure Masque barrière Masque N95


Visé par le présent avis


N'est pas visé par le présent avis


N'est pas visé par le présent avis

La majorité des études montrent que le port d’un masque de procédure ne s’accompagnerait pas d’une augmentation mesurable de la température interne du corps. En effet, la surface du visage recouverte par le masque ne représente qu’un faible pourcentage de la surface totale du corps. Le port de certains types de vêtements de protection, qui couvrent en plus grande proportion la surface du corps, jouerait un rôle beaucoup plus grand sur la température interne du corps, contribuant ainsi au risque que les travailleurs se trouvent en situation de contrainte thermique.

Par ailleurs, le port d’un masque de procédure s’accompagne d’une augmentation de la température de la peau recouverte et aussi, de l’air entre le masque et la peau. Bien innervé et vascularisé, le visage est plus sensible à la chaleur que d’autres parties du corps. En effet, le port du masque de procédure a été associé, dans quelques études, à une sensation d’inconfort thermique, caractérisé par une augmentation de l’humidité relative et de la sudation à l’intérieur du masque. Ainsi, la chaleur peut compromettre le port adéquat du masque, le porter demande une adaptation au travailleur.

Recommandations

Compte tenu que le port du masque entraine davantage une sensation d’inconfort thermique qu’il ne favorise les risques liés à la contrainte thermique, les recommandations suivantes visent à augmenter le confort pour les travailleurs en contexte de chaleur :

  • Choisir un masque de procédure bien adapté à la forme et à la taille du visage pour réduire l’inconfort et bien ajuster la bande métallique au niveau du nez (peut aussi réduire la buée dans les lunettes).
  • Favoriser la respiration par le nez (bouche fermée) lors du port du masque. Celle-ci génère moins de chaleur et d’humidité qui seront retenues dans le masque. Il ne serait toutefois possible de préserver une respiration nasale que lors d’un effort faible à modéré.
  • Réserver le port du masque aux moments où les mesures de distanciation physique ne peuvent pas être respectées. Par exemple, il n’est pas utile de porter un masque alors que l’on est seul sur notre lieu de travail, à moins que l’on ne passe d’un endroit à un autre où il nous faut le porter et que notre réserve de masques est faible.
  • Changer le masque porté quand il devient humide à cause de la respiration ou de la sueur ou qu’il est autrement souillé (emporter quelques masques propres de rechange). Il est utile de prévoir deux contenants pour séparer les masques propres des masques usagés.

Voici des recommandations additionnelles pouvant améliorer le confort du masque :

  • Nettoyer le visage avant et après le port du masque. Pour prévenir les inconforts liés au port prolongé de masques, éviter d’utiliser des crèmes ou lotions pouvant bloquer les pores de la peau (p. ex. du fond de teint) avant de mettre le masque. Étendre de la crème hydratante sur la peau après avoir porté le masque. Dans le cas de masques réutilisables, il est important de les laver à l’eau chaude et au savon après chaque utilisation.
  • Atténuer l’inconfort lié à la chaleur en refroidissant le front et le cou, même en portant le masque.
  • En milieu de travail intérieur, assurer une ventilation adéquate et mettre en marche l’air climatisé, s’il y a lieu.

Attention aux coups de chaleur!

Lors de période de grande chaleur, indépendamment du port du masque, les travailleurs peuvent être à risque de coups de chaleur, c’est-à-dire que le corps se réchauffe et ne réussit pas à maintenir sa température interne adéquatement. Les symptômes courants du coup de chaleur sont les étourdissements, les vertiges, la fatigue inhabituelle, les frissons, et peuvent aller jusqu’à des propos incohérents, la perte d’équilibre, la perte de conscience, les vomissements, voire la mort. Il est largement reconnu que pour réduire les symptômes liés à la chaleur, il faut :

  • bien s’hydrater,
  • réduire la charge de travail ou prendre des pauses et
  • passer plus de temps à l’ombre ou à l’air climatisé.

Références

Roberge, R. J., Kim, J.-H. et Coca, A. (2012). Protective facemask impact on human thermoregulation: An overview. Annals of Occupational Hygiene56(1), 102-112. doi: 10.1093/annhyg/mer069

Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail. (s.d.). Travailler à la chaleur… attention! Tiré de https://www.csst.qc.ca/prevention/theme/coup_chaleur/Pages/coup-de-chaleur.aspx

Li, Y., Tokura, H., Guo, Y. P., Wong, A. S., Wong, T., Chung, J. et Newton, E. (2005). Effects of wearing N95 and surgical facemasks on heart rate, thermal stress and subjective sensations. International Archives of Occupational and Environmental Health, 78(6), 501-509. doi: 10.1007/s00420-004-0584-4

Une production de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

  • Capucine Ouellet, professionnelle scientifique, IRSST.
  • France Labrèche, chercheuse sénior, IRSST.
  • Annie Mathieu, professionnelle scientifique, IRSST.

Remerciements

  • Alessia Negrini, chercheuse, IRSST.
  • Alireza Saïdi, chercheur, IRSST.
  • Alberto Morales, professionnel scientifique, IRSST.
Cette fiche a été préparée par l’IRSST, en collaboration avec ses partenaires sociaux, représentants des employeurs et des travailleurs, et membres de son conseil scientifique.
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