Les bioaérosols sont définis ici comme des particules aéroportées contenant des microorganismes vivants (virus, bactéries, moisissures et protozoaires) ou des substances ou produits provenant de ces organismes (ex. : toxines, microorganismes morts ou fragments de microorganismes).

Les bioaérosols sont omniprésents dans l’environnement et dans les milieux de travail. Ils peuvent provenir des personnes, des animaux, des plantes et du matériel manipulé, ou être générés par un procédé, par exemple. Si la majorité d’entre eux est sans danger pour la santé humaine, certains posent des problèmes à la santé des travailleurs.

Les microorganismes sont classés en quatre groupes de risque (GR) selon leur caractère pathogène. Ce classement tient aussi compte de la dose infectieuse, du mode de transmission, de l’hôte ainsi que de la disponibilité de mesures préventives et d’un traitement efficace. Il existe trois groupes de risque infectieux (GR 2 à GR 4) et un groupe de risque non infectieux (GR 1). Malgré leur nature non infectieuse, l’exposition prolongée et continue à de grandes concentrations de bioaérosols du GR 1 peut mener à des problèmes de santé sérieux et irréversibles tels la sensibilisation et le développement de maladies professionnelles (ex. : alvéolite allergique extrinsèque, asthme, syndrome toxique d’exposition aux poussières organiques [STEPO], poumon du boulanger, poumon du fermier, poumon des champignonnistes, syndrome des égoutiers, etc.).

Il se peut qu’un microorganisme ne soit pas classé, mais cela ne signifie pas automatiquement qu’il est sans danger. Il vaut mieux dans cette situation faire appel à un expert (microbiologiste, spécialiste des risques biologiques en milieu de travail, responsable de la prévention des infections, etc.). Celui-ci pourra évaluer le risque que peut présenter le microorganisme et le classer, en fonction des données disponibles, dans l’un ou l’autre des quatre GR. Cette évaluation doit comprendre la pathogénicité, la dose infectieuse, le mode de transmission, l’hôte et la disponibilité de mesures préventives et d’un traitement efficace.

Il est important de noter qu’un microorganisme qui n’est pas normalement transmis par voie aérienne peut tout de même présenter un risque à la santé pour les travailleurs qui l’inhalent s’il se retrouve sous forme de bioaérosol. Cela peut être le cas des pathogènes gastro-intestinaux s’ils sont avalés en quantité suffisante après inhalation. Également, un agent pathogène actuellement considéré non transmissible par voie aérienne pourrait changer de statut avec l’évolution des connaissances. Il est donc recommandé de considérer tous les microorganismes ayant un potentiel d’aérosolisation au travail et faisant partie du même groupe de risque comme présentant un risque équivalent à la santé des travailleurs, peu importe le mode de transmission. Il peut aussi arriver que le mode de transmission de certains agents infectieux émergents ne soit pas bien compris ou ne fasse pas l’objet d’un consensus scientifique (ex. : virus Ebola). La prudence est de mise dans ces cas.