L’UTILISATION DE L’OUTIL

Quelles connaissances dois-je posséder afin d’utiliser cet outil ?
Des connaissances en hygiène du travail et en protection respiratoire sont essentielles. Des connaissances sur les bioaérosols sont fortement recommandées, sinon consultez des experts.

LES BIOAÉROSOLS

Comment puis-je savoir s’il y a des bioaérosols à risque dans mon milieu de travail ?
Les bioaérosols sont naturellement présents dans tous les environnements et ne présentent pas nécessairement de risque à la santé. Lorsqu’ils contiennent des organismes infectieux (bioaérosols des groupes de risque 2 à 4) ou qu’ils sont présents en concentration suffisante pour incommoder les travailleurs ou induire des effets immunologiques ou toxiniques (bioaérosols du groupe de risque 1), on parle de bioaérosols à risque. La présence d’un foyer de contamination ou de matériaux soutenant la croissance microbienne de même que des activités génératrices de bioaérosols sont des facteurs de risque. Voici des exemples de situations où il faut envisager la possibilité de risques associés aux bioaérosols :

  • présence de patients atteints de maladies infectieuses transmissibles par voie aérienne dans les milieux de soins de santé;
  • présence de foin et de moulée soutenant la croissance microbienne dans le milieu agricole;
  • agitation de matériel contaminé lors de la décontamination d’un espace fermé;
  • tri de matières résiduelles dans un contexte de revalorisation.

Par contre, les bioaérosols générés par des individus sains lors d’activités normales, comme parler ou manger, ne présentent pas de risque à la santé et ne s’appliquent pas à cet outil.

Que faire si je ne connais pas les microorganismes présents ?
Dans ce cas, il est nécessaire de collaborer avec des experts dont les connaissances pourront vous aider à identifier les microorganismes potentiels dans votre milieu.

Que faire si le type de bioaérosol identifié dans mon milieu de travail ne se trouve dans aucun des quatre groupes de risque ?
Les classifications par groupes de risque incluent les microorganismes connus et ayant trait à la santé humaine ou animale. Si un organisme ne se trouve pas dans l’une ou l’autre de ces listes, cela ne signifie pas nécessairement qu’il soit du groupe de risque 1. Il vous revient d’évaluer le danger que présente cet organisme en vous basant sur les données disponibles, sur des avis d’experts en la matière, sur votre jugement professionnel, etc. Plusieurs établissements ont conçu des formulaires facilitant ce genre d’évaluation. Le formulaire de l’Université de la Saskatchewan, en ligne sous le titre Biological Risk Group and Containment Level Assessment , (document Word en anglais seulement) en est un bon exemple.

Comment dois-je procéder si plusieurs types de bioaérosols se trouvent dans le même milieu ?
Sélectionner le groupe de risque le plus élevé, le cas échéant.

Comment puis-je contrôler les expositions aux bioaérosols dans mon milieu de travail sans avoir recours à la protection respiratoire ?
Comme pour tout risque à la santé, à la sécurité ou à l’intégrité physique des travailleurs en milieu de travail, les premières mesures à prendre doivent permettre d’éliminer le risque, ou de le réduire à des niveaux acceptables, par des moyens techniques ou administratifs. Cela peut impliquer, par exemple :

  • de modifier le procédé ou les pratiques de travail;
  • de remplacer les substances utilisées par des substances moins dangereuses;
  • d’améliorer la ventilation;
  • de confiner le procédé;
  • de modifier les tâches ou horaires afin de réduire la durée d’exposition;
  • de détecter les patients infectieux au triage à l’accueil des centres hospitaliers;
  • etc.

Un appareil de protection respiratoire doit être porté lorsque subsiste un risque résiduel, malgré les mesures en place, ou en attendant la mise en place de ces mesures.

S’il y a des microorganismes infectieux dans mon milieu de travail, mais qu’ils ne présentent pas de risque pour la santé lorsqu’inhalés, dois-je me protéger quand même ?
S’il n’existe aucun risque à la santé par inhalation du microorganisme, il n’est pas nécessaire de porter un appareil de protection respiratoire. Par contre, les autres risques d’exposition doivent être évalués. Rappelons que certains microorganismes causant des infections gastro-intestinales peuvent pénétrer par les voies respiratoires et aboutir dans le système gastro-intestinal en quantité suffisante pour causer un problème de santé. Dans ce cas, une protection respiratoire adéquate permet de protéger le travailleur du risque découlant de l’exposition à ce bioaérosol.

LES APPAREILS DE PROTECTION RESPIRATOIRE ET LE FACTEUR DE PROTECTION CARACTÉRISTIQUE

Pourquoi un facteur de protection caractéristique de 1000 est-il recommandé dès qu’un microorganisme du groupe de risque 4 est présent, peu importe le niveau d’exposition?
Les connaissances scientifiques étant souvent limitées au sujet des microorganismes du groupe de risque 4 et les traitements étant inexistants, une approche préventive rigoureuse doit être préconisée. De plus, l’avis d’experts (ex. : infectiologues, responsables de la prévention des infections, etc.) doit faire partie intégrante du processus de sélection d’un appareil de protection respiratoire (APR) contre les microorganismes de ce groupe.

Pourquoi y a-t-il plus d’un facteur de protection pour les mêmes appareils (FPC de 50 et FPC 100) ?
Le FPC 100 provient du Guide des appareils de protection respiratoire utilisés au Québec qui a force de loi actuellement au Québec et dans lequel on fait référence à la norme CSA Z94.4-93, datant de 1993. Dans la nouvelle version de la norme CSA, le FPC 100 est remplacé par le FPC de 50. Cela est appuyé par le NIOSH et plusieurs autres instances scientifiques. Une mise à jour du Guide des appareils de protection respiratoire utilisés au Québec est prévue.