IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Évaluation de l'exposition des travailleurs aux bioaérosols lors de l’utilisation de fontaines biologiques dans les ateliers d'entretien mécanique

Résumé

Les solvants traditionnels utilisés pour le dégraissage doivent être remplacés par d’autres produits en raison de leur inflammabilité et de leur toxicité, ainsi que de leurs risques de dommages à l’environnement. Des produits dégraissants « verts » ont fait leur apparition sur le marché. Ils ne contiennent pas de solvants, mais des tensioactifs et des bactéries en phase aqueuse. Ils sont notamment utilisés dans les fontaines biologiques (biofontaines) pour le dégraissage de pièces en milieux industriels et en entretien mécanique. Les fabricants affirment que ces produits ne contiennent que des bactéries de groupe 1, non pathogènes pour l’humain. Des chercheurs de l’INRS, en France, ont étudié la flore bactérienne des liquides dégraissants de biofontaines. Ils ont démontré qu’il y avait une contamination bactérienne dans le liquide dégraissant des biofontaines par des souches du groupe de risque infectieux 2, pathogènes pour l'homme avec un niveau de contagiosité faible. Ces études ne présentent pas de données sur l’exposition respiratoire des travailleurs mais ont rapporté que ces derniers ne portaient pas de protection cutanée et respiratoire.

Les auteurs ont ainsi émis l’hypothèse que les travailleurs pourraient être exposés à des aérosols biologiques (bioaérosols) pendant le nettoyage des pièces. Les biofontaines sont présentes dans les milieux de travail au Québec. Des chercheurs de l’Université de Montréal et de l’IRSST, auteurs d’une monographie sur les risques associés aux préparations bactériennes et enzymatiques pour le dégraissage et le nettoyage, ont également observé l’utilisation de soufflettes pour le séchage des pièces. Selon eux, cette technique pourrait entraîner une exposition respiratoire aux bioaérosols chez les travailleurs utilisant les biofontaines. À ce jour il n’existe pas, dans la littérature scientifique et technique, de données métrologiques sur l’exposition respiratoire aux bioaérosols des utilisateurs de biofontaines.

Cette étude vise à combler cette lacune. Ses objectifs sont d’évaluer méthodiquement les deux paramètres suivants : 1) la nature des bactéries contenues dans les liquides des biofontaines en utilisation au Québec, ainsi que 2) l’exposition respiratoire des travailleurs aux bioaérosols lors de l’utilisation des biofontaines et du séchage à la soufflette.