IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Détermination du béryllium dans l’air en milieu de travail - Mise au point d’une méthode d’analyse en fluorescence

Résumé

Le béryllium (Be) est rencontré lors de multiples usages industriels grâce à ses propriétésuniques, toutefois il représente un risque pour la santé des travailleurs qui y sont exposés. Labérylliose chronique (BC), une maladie professionnelle reliée à l'exposition au Be, serait laprogression d'une phase de sensibilisation consistant en une réponse immunitaire spécifiquesuite à une exposition au Be. La voie d'absorption principale du Be est l'inhalation de particules,toutefois la pénétration cutanée ne serait pas négligeable dans le processus de sensibilisation.

Depuis les années 90, la CSST a dû indemniser de nombreux travailleurs amenant unepréoccupation grandissante face au Be dans les milieux de travail. Des échantillonnagespériodiques sont maintenant requis dans les milieux où la présence de béryllium est connue. Lanorme québécoise est de 0,15 µg/m3 de Be dans l'air pour une valeur d'exposition moyennepondérée, ce qui nécessite l'utilisation d'une méthode analytique ayant une faible limite dedétection. L'IRSST a développé une méthode d'analyse par ICP-MS1 permettant d'atteindre unetelle limite. Toutefois, l'utilisation de cette technique analytique est onéreuse. Afin de rendreaccessible une méthode pouvant être implantée dans les milieux de travail où les contrôles sur laprésence de béryllium sont fréquents, la technique de fluorescence moléculaire a été envisagée.

La fluorescence est une technique très sensible et des appareils portables sont disponiblescommercialement. La détermination du béryllium en fluorescence passe par la formation d'uncomplexe avec un ligand qui possède des propriétés de fluorescence. Le 10-hydroxybenzo[h]quinoline-7-sulfonate forme un complexe avec le béryllium qui émet unefluorescence à 475 nm. L'intensité de l'émission est linéairement proportionnelle avec laconcentration de Be. De plus, le ligand semble spécifique au Be puisqu'aucun autre signald'émission n'a été observé en présence d'autres cations. Toutefois, une présence élevée en fercause une baisse du signal due à la précipitation des hydroxydes de fer en milieu basique. Lesessais de dissolution conduits avec l'oxyde de béryllium, une espèce pratiquement insoluble, etle NH4HF2 1 % a permis d'atteindre des taux de récupération de près de 96 %. De plus, leNH4HF2 est compatible avec le réactif. Une limite de détection méthodologique aussi basse que0,0002 µg/échantillon a été atteinte permettant d'évaluer des quantités en deçà de la normequébécoise. Les coefficients de variation de moins de 4 % obtenus pour la réplicabilité et larépétabilité de cette méthode assurent une bonne précision des résultats. La méthode d'analyseen fluorescence pour la détermination du béryllium est applicable à la méthode d'échantillonnagedans l'air actuellement utilisée par l'IRSST.

Informations complémentaires

Collection : Rapports scientifiques
Catégorie : Rapport
Auteur(s) :
  • Marie-Claude Giguère
  • Pierre Larivière
  • Chantal Dion
  • Huu Van Tra
Projet de recherche : 0099-5960
N° de publication : R-700
Langue : Français
Date de publication : 16 août 2011
Format : Texte