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•  Démarche ergonomique
•  Pousser-tirer
•  Santé psychologique

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Nouveau rapport de recherche Comparaison des façons de faire entre les experts et les novices

Nouvelle section Comparaison expert/novice, 40 photos et vidéos.

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Mise à jour du site : Janvier 2011

 

Moyens de prévention

Il existe de nombreuses manières de réduire les risques liés à la manutention, selon la situation. Voici diverses ressources et approches utiles dans la recherche d’une solution appropriée :

Guides de prévention sur les TMS et sur la manutention

Moyens de contrôle techniques

Transformation du poste de travail afin d’éliminer ou de réduire l’exposition aux facteurs de risque. Se fait par l’acquisition de nouvel équipement ou par la modification d’équipement existant. Peut inclure l’automatisation, la mécanisation et les modifications au poste.

Moyens de contrôle administratifs

Changements organisationnels qui incluent les horaires de travail, les rotations de postes, les cadences, le climat de travail, etc.

Moyens de contrôle comportementaux

Modification du comportement des travailleurs ou amélioration de leurs connaissances, au moyen de programmes de formation aux méthodes de travail, à la reconnaissance des facteurs de risque ou à la sécurité du travail.

Port d’équipement de protection

Barrières de protection entre le travailleur et le facteur de risque, tels que des casques, gants, etc.

La conception d’un poste de travail sécuritaire, ou la transformation d’un poste pour en améliorer la sécurité, se révèle plus efficace que la formation du personnel. Une bonne conception élimine le risque à la source, alors qu’un poste de travail mal conçu comporte toujours un risque élevé de blessure, quelle que soit l’efficacité des programmes de formation offerts aux travailleurs.

Guides de prévention

AuteurGuides sur les TMS
Chicoine et al., 2006Le travail à tâches variées : Une démarche d’analyse ergonomique pour la prévention des TMS
St-Vincent et al., 1998Les Groupes ERGO. Un outil pour prévenir les LATR
Simoneau et al., 1996Les LATR. Mieux les comprendre pour mieux les prévenir
OHSCO, 2007Manuel de ressources des Lignes directrices de prévention des TMS pour l’Ontario : Partie 2
NIOSHElements of Ergonomics Programs
 Guide sur la manutention
Simoneau, 1999Manutention et maux de dos

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Moyens de contrôle techniques

Les moyens de contrôle techniques constituent les interventions les plus efficaces parce qu’elles permettent d’éliminer le risque à la source. À long terme, elles sont souvent les solutions les plus économiques parce qu’elles éliminent les coûts d’administration récurrents.

Le but est de concevoir dès le départ un poste de travail ergonomique, ou de modifier une installation existante, pour réduire l’exposition des travailleurs aux facteurs de risque physiques. La manutention mécanique se révèle souvent tout indiquée, car elle élimine les risques inhérents à la manutention manuelle par l’utilisation d’appareils tels que palans, poulies, transpalettes, chariots, etc.

À l’étape de la conception

Au moment de la planification d’un nouveau projet ou de l’implantation d’un procédé ou d’une ligne de production, l’évaluation ergonomique s’impose. Le comité de travail devra inclure des ingénieurs, des techniciens et des travailleurs sensibilisés aux risques de TMS et aux moyens de les éliminer.

Le cheminement à suivre (OHSCO, 2007) :

  • S’assurer que les ingénieurs, le personnel d’entretien et les concepteurs de l’entreprise possèdent la formation nécessaire pour éliminer ou réduire les risques de TMS.
  • Mettre au point des processus et des normes internes qui visent à éliminer ou réduire les TMS dès la conception d’un projet.
  • Utiliser si possible des maquettes des nouvelles installations et faire l’essai de plusieurs versions différentes.
  • Tenir compte de la manière dont les installations seront utilisées par tous les travailleurs.
  • Assurer une communication régulière avec d’autres concepteurs, des fabricants et des fournisseurs afin de se tenir informé des nouvelles technologies et des matériaux de remplacement qui permettraient d’éliminer ou de réduire les risques de TMS.

Modifier des installations existantes

Pour améliorer un poste de travail qui présente des facteurs de risque de blessures, le comité de travail devra effectuer une démarche exhaustive (Stuart-Buttle, 2006) :

  • Étudier le problème de manière approfondie.
  • Établir les causes du problème de manière à suggérer un grand nombre de solutions possibles.
  • Chercher des solutions simples et efficaces qui éliminent ou réduisent le facteur de risque.
  • S’assurer que l’équipement envisagé corrige le problème et constitue une solution adéquate.
  • Une fois la solution trouvée, passer en revue les divers équipements offerts sur le marché de façon à trouver le modèle le mieux adapté à la fonction désirée.
  • Déterminer les caractéristiques additionnelles nécessaires à l’utilisation de l’équipement, comme sa mobilité, par exemple.
  • S’assurer que l’équipement retenu est bien conçu et facile à utiliser.
  • S’assurer de la compatibilité de l’équipement avec le reste du matériel et évaluer les besoins d’entretien et de maintenance, ainsi que les besoins en formation du personnel.
  • Faire un essai pilote pour évaluer l’efficacité de la solution avant de procéder à l’achat d’équipement.
  • Évaluer l’efficacité de l’intervention une fois l’équipement installé en permanence.

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Les principes à observer

Facteurs de risque Solutions
Travail de manutention
  • Éliminer le travail de manutention par automatisation ou réduire l’exposition (intensité, fréquence, durée)
  • Diminuer la hauteur de levage et la distance de prise et de dépôt en rapprochant les charges
  • Réduire les charges excessives
  • Réduire la fréquence de manutention et la durée de travail
Mouvements fréquents de flexion et de torsion
  • Éliminer les mouvements de flexion et de torsion par une modification du poste du travail ou réduire l’exposition
  • Ajuster la hauteur de travail
  • Modifier l’emplacement des objets pour réduire la torsion
Travail physique intense
  • Éliminer le travail physique intense
  • Modifier l’exposition en intensité, en fréquence et en durée
  • Réduire les forces de levage, de poussée et de tirage
Travail en posture statique
  • Modifier le poste de travail pour réduire le maintien d’une posture statique
Mouvements répétés
  • Éliminer le travail de manutention par automatisation
  • Réduire la fréquence de manutention

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Exemples de moyens techniques

LevageSolutions
Éliminer le levage
  • Automatisation de la manutention
Utiliser des aides à la manutention pour réduire la hauteur de levage
  • Treuils, palans : Ces appareils doivent être faciles à utiliser, se déplacer rapidement et aisément de manière à conserver le rythme de travail. Il en existe différents types dont l’extrémité se termine par un crochet, une ceinture, une attache magnétique ou une attache par succion.
  • Appareils d’assistance intelligents (intelligent assist devices) : Appareil conçu pour détecter le poids et l’inertie de la charge de manière à ce que l’opérateur n’exerce qu’un effort minimal pour guider l’appareil.
  • Chariots élévateurs manuels ou mécaniques : Ces appareils sont conçus pour élever et transporter des charges sur de courtes distances.
  • Appareils de levage et d’inclinaison : conçus pour élever et orienter les produits dans une position appropriée pour le manutentionnaire. 
Réduire la charge pour diminuer l’effort
  • Utiliser de plus petits contenants pour réduire la charge. Toutefois cette modification ne doit pas entraîner une augmentation de la fréquence de manutention sinon l’exposition totale pourrait augmenter.
  • Réduire le poids du contenant : en utilisant un matériau plus léger (plastique au lieu de métal) ou en perçant le contenant pour réduire son poids. Il est important que cette modification n’entraîne pas de difficultés supplémentaires pour saisir la charge. Par exemple, diminuer l’épaisseur des cartons a le désavantage de rendre le contenant plus fragile, ce qui peut entraîner des efforts supplémentaires à la manutention.
Glisser la charge plutôt que de la lever
  • Glisser les charges au moyen de convoyeurs. Certains modèles peuvent être déplacés pour changer d’orientation. Il faut toutefois vérifier que ces déplacements s’effectuent facilement et sans effort excessif.
  • Faciliter le glissement des charges sur des surfaces lubrifiées ou munies d’un coussin d’air.
  • Faire glisser la charge par gravité. En inclinant légèrement le convoyeur ou la surface lubrifiée, on facilite le déplacement de la charge ou son insertion dans un contenant.
Garder les mains à hauteur de taille
  • Utiliser des appareils de levage et d’inclinaison de manière à ce que la flexion du tronc soit réduite au minimum.
  • Si les charges sont trop élevées, utiliser des systèmes de levage hydraulique ou par ressort pour ajuster la hauteur. Il est également possible d’utiliser une plate-forme pour élever ou abaisser le manutentionnaire à la hauteur appropriée.
Rapprocher les charges du manutentionnaire
  • Utiliser des plates-formes inclinables et des supports ou des tables tournantes ; éliminer les obstacles physiques qui causent des postures contraignantes.

Source : Hamrik, 2006

 

Illustration d'exemples de moyens techniques

 exemple un  
   

Note : Les systèmes illustrés ne sont présentés ici qu’à titre d’exemples de moyens techniques. Nous vous invitons à faire vos propres recherches sur internet en utilisant par exemple les mots clés suivants : material handling equipment ou encore  lifting and handling equipement 

 

Sources d’information complémentaire
http://www.nclabor.com/osha/ergoguideline.pdf
http://www.mmh.com/criticaltopic/materialshandling
http://www.osh.dol.govt.nz/order/catalogue/pdf/manmanuf.pdf
http://www.hse.gov.uk/pubns/indg398.pdf

 

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Moyens de contrôle administratifs

Les moyens de contrôle administratives consistent à modifier certaines caractéristiques de l’organisation du travail afin de limiter les facteurs de risques. Cela touche notamment les façons de découper, de superviser et de coordonner les tâches; les relations de travail difficiles; le mode de rémunération; les horaires de travail; les contraintes de temps et le degré d’autonomie décisionnelle.

Une mauvaise planification du déroulement des tâches donne souvent lieu à de la manutention inutile ou répétitive, par exemple quand des articles entreposés temporairement à un endroit doivent être déplacés à nouveau pour atteindre leur destination finale. Sur un autre plan, une rémunération à la pièce incite les travailleurs à augmenter leur fréquence de manutention, ce qui augmente les risques de blessures.

Certaines études associent donc les TMS et les maux de dos à des facteurs psychosociaux qui relèvent de l’organisation du travail. L’augmentation de la charge de travail, les exigences de productivité, la détérioration du climat de travail et l’insécurité d’emploi sont des facteurs de risque fréquemment cités. De plus, le risque de s’absenter pour des maux de dos serait environ deux fois plus élevé chez les travailleurs exposés à des contraintes psychosociales que chez les travailleurs qui ne le sont pas (Cloutier et al., 2005, rapport R-429).

Par conséquent, les moyens administratifs servent à modifier ces facteurs afin d’éliminer ou de réduire les risques de blessures.

Gestion de la charge de travail

  • Changer l’organisation du travail de manière à réduire la durée, la fréquence et l’intensité d’exposition
    • Éliminer la manutention répétitive d’une même caisse
    • Favoriser le travail en équipe pour éviter les charges lourdes
    • Planifier de façon à réduire les situations d’urgence
  • Organiser l’ordre de manutention : contenants légers au départ pour s’échauffer, contenants lourds ensuite, contenants moyens ou légers pour terminer
  • Tenir compte du profil du travailleur : homme ou femme, âge, etc.
  • Assurer une rotation des postes de travail
  • Déterminer si le travail doit être effectué par un seul travailleur ou par plusieurs

Gestion des horaires et du temps de travail

  • Réduire les quarts de travail et les heures supplémentaires
  • Mieux répartir les activités au cours de la journée
    • Instaurer des phases de récupération
    • Augmenter le nombre de pauses
    • Diversifier les groupes musculaires sollicités (rotation de tâches)
    • Agencer les pauses de façon à assurer la récupération après des efforts prolongés ou importants
  • Accorder suffisamment de temps pour l’utilisation de moyens auxiliaires

Changements psychosociaux

  • Réduire la monotonie dans la tâche de manutention
  • Varier le travail de manière à éviter une répétition trop fréquente du même type de mouvement ou de la même charge
  • Favoriser la communication entre la direction et les employés
  • Réduire les causes possibles de stress par une meilleure planification du travail
    • Augmenter les possibilités de contrôle de la situation de travail par l’employé
    • Favoriser l’autonomie par rapport au rythme de production en prévoyant des stocks tampons entre certains postes de travail
    • Analyser les causes des situations d’urgence afin de pouvoir les anticiper et en réduire la fréquence
    • Déterminer l’effectif nécessaire pour effectuer des tâches précises
    • Supprimer les primes liées au tonnage traité ou au nombre de pièces manutentionnées

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Gestion des achats et des approvisionnements

  • Faire pression sur les fournisseurs pour :
    • Organiser les approvisionnements de manière à optimiser les déplacements
    • Prescrire des emballages et des récipients convenables pour le transport et le stockage :
      • Limite de poids
      • Limite de format d’emballage
      • Indication du poids et du centre de gravité de la caisse
    • • Planifier l’achat d’équipements utiles à la manutention
      • Sélectionner du personnel qualifié pour effectuer le choix des équipements
      • Consulter les principaux utilisateurs
      • Vérifier la mise en place des équipements
      • Prévoir du temps de formation et d’apprentissage
      • Prévoir des périodes d’entretien

Gestion de l’entreposage des marchandises

  • Adapter les étagères aux dimensions des marchandises
  • Planifier l’organisation des lieux de stockage
    • Hauteur minimale et maximale des piles ; espace suffisant, propreté des lieux
    • Optimiser l’organisation des stockages et entrepôts : charges lourdes (plus de 10 kg) stockées à la hauteur des hanches ; objets légers, entre le genou et les épaules du travailleur ; placer les charges lourdes de façon à éviter les flexions prononcées
  • Laisser les voies d’accès libres de tout obstacle, en bon état, suffisamment éclairées, protégées des intempéries
  • Prévoir le chemin le plus court et éviter les escaliers

Autres considérations

  • Assurer la maintenance régulière des appareils
  • Expliciter les responsabilités des superviseurs en matière d’implantation des mesures de santé et de sécurité au travail
    • Appliquer les règles de santé et de sécurité au travail auprès des travailleurs
    • Faciliter l’utilisation d’équipement d’aide à la manutention
    • Encourager les travailleurs à signaler les situations à risques et à proposer des solutions

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Exemples de moyens administratifs (soucrce : Malchaire et al., 2001)

Situation problématiqueFacteurs de risques associésStratégies recommandées
Contrainte de temps
  • Fatigue locale et générale
  • Risque d’accidents
  • Mouvements rapides
  • Efforts plus importants
  • Travail soutenu sans pause
  • Limiter les situations d’urgence
  • Répartir les tâches afin que de l’assistance soit disponible en cas d’urgence
  • Éviter d’augmenter le rythme de travail
    • Échéances serrées ou qui changent fréquemment
    • Contrôle constant du rendement par un système informatique
  • Tenir compte des déplacements
Périodes de reposSans périodes de repos organisées
  • Mauvaises postures et rythme de travail plus lent
  • Fatigue musculaire locale et générale
  • Pauses désordonnées
En cas de travail intensif
  • Pauses obligatoires, réparties tout au long de la journée
Efforts modérés
  • Pauses de 10 à 15 minutes, matin et après-midi
Cadence imposée par une machine
  • Pauses de 3,5 minutes toutes les heures
Heures supplémentairesSi heures supplémentaires exigées
  • Fatigue générale et locale
  • Efforts plus importants
  • Temps de réaction plus long
  • Risque accru d’accidents
  • Détérioration des performances
Personnel suffisant pour couvrir les pics de production
  • Réduire les heures supplémentaires par l’embauche de personnel supplémentaire en cas de surcharge de production
  • À l’embauche, prévenir de la possibilité d’effectuer des heures supplémentaires
  • Prévenir à l’avance du moment où les heures supplémentaires seront effectuées
Primes à la productionSi incitatifs à la productivité
  • Cadence de travail plus rapide
  • Fatigue plus grande
  • Modes de travail défavorables
  • Éliminer toute prime à la production ou liée à un risque
  • Donner priorité à la santé et à la sécurité, tout en respectant les intérêts des opérateurs et les contraintes de productivité
  • Si une prime existe, l’intégrer définitivement au salaire, tout en agissant sur la pénibilité
Rotation du personnelSans rotation
  • Positions, gestes et contraintes constantes
  • Monotonie et baisse de vigilance
  • Risque accru d’accidents
  • Favoriser la polyvalence du personnel
  • Organiser le travail de manière à
    • Effectuer la même tâche pendant moins d’une heure
    • Faire alterner des tâches sollicitant des groupes musculaires différents

Source : Malchaire, 2001

Sources d’information complémentaire 
St-Vincent, Marie : Les principaux déterminants de l'activité de manutention dans un magasin-entrepôt de grande surface 
Études et recherches / Rapport R-365, Montréal, IRSST, 2004, 77 pages.
P. 49
Malchaire, J. et al. Troubles musculosquelettiques du dos et des membres supérieurs (TMS). Ministère fédéral de l’emploi et du travail, Bruxelles, Belgique
http://www.hytr.ucl.ac.be/Download/brochure%20TMS%20du%20MfET.pdf 
 
P. 42-43
INRS. Méthodes d’analyse des manutentions et des activités de chantiers et du BTP
http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/inrs01_search_view/E17F80CEBFFE9EFCC1256E1B00593C88/$File/ed917.pdf 
 
P. 38
SUVA. Liste de contrôle manutention de charges
https://wwwsapp1.suva.ch/sap/public/bc/its/mimes/zwaswo/99/pdf/67089_f.pdf 
 
 

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Moyens de contrôle comportementaux

La formation des manutentionnaires ne peut se limiter à la technique de manutention et doit se faire dans une perspective plus large. Un programme de formation devrait permettre de modifier des attitudes et des comportements et promouvoir la prise de conscience des facteurs de risques parmi les travailleurs et les cadres.

De plus, un tel programme doit s’inscrire dans un processus global de gestion des risques, qui inclut également des changements d’ordre technique et organisationnel. Enfin, ce doit être un processus à long terme qui a le soutien de la direction et qui nécessite la participation des travailleurs et des cadres.

Nos recommandations découlent des conclusions de récentes études sur le lien entre la formation et la prévention de blessures musculosquelettiques, et plus spécifiquement des blessures au dos (Haslam et al., 2007; Martimo et al., 2007). Ces travaux ont démontré qu’il n’existe pas de preuve que les programmes de formation sont efficaces pour prévenir ce type de blessures.

Ces résultats décevants peuvent s'expliquer par le fait que les principes enseignés ne sont pas appliqués dans le milieu de travail (Haslam et al., 2007). Les chercheurs présument que cela dépend de divers facteurs :

  • Les techniques seraient inadéquates pour le milieu de travail où elles sont enseignées.
  • Les travailleurs manqueraient de motivation pour changer leur comportement.
  • La formation offerte sur une demi-journée serait trop courte pour permettre une bonne assimilation.
  • Les moyens techniques et organisationnelles seraient plus efficaces que la formation pour prévenir les TMS.

Questions pertinentes avant de procéder à la manutention

Technique de manutention classique
 

L’âge et l’expérience ou la jeunesse et la force ?

Des statistiques révèlent que les blessures chez les travailleurs de plus de 45 ans sont moins fréquentes que chez les personnes âgées de 20 à 45 ans. L'expérience semble compenser la diminution des capacités physiques qui survient avec l’âge. Avec le temps, les travailleurs acquièrent les compétences, la dextérité et le savoir-faire nécessaires pour effectuer les tâches. Le travailleur sans compétence et sans expérience court de plus grands risques pendant l'exécution de tâches qui requièrent certaines aptitudes. Par contre, le travailleur plus âgé et plus expérimenté est plus à risque lorsque les tâches n’exigent qu’un simple déploiement de force physique.

Questions pertinentes avant de procéder à la manutention

  • Dois-je transporter la charge manuellement ou bien est-elle trop lourde ou trop volumineuse ?
  • Existe-t-il des moyens auxiliaires appropriés pour le transport (grue, chariot élévateur, diable, chariot, sangle, etc.) ?
  • Vaut-il mieux travailler en équipe (porter à deux ou trois) ?
  • Mes vêtements de travail, chaussures, gants, etc. sont-ils appropriés ?
  • Les voies d'accès sont-elles libres, sûres et bien éclairées ? Le lieu de stockage est-il libre ?
  • La charge peut-elle se renverser, glisser, rouler ou se rompre pendant le transport ?
  • Est-ce que je soulève et porte correctement la charge ?
  • Où doit-on mettre les mains et les pieds lorsqu'on pose la charge ? Y a-t-il risque de coincement ?
  • Une fois posée, la charge obstrue-t-elle le passage ?

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Technique de manutention classique

  1. Planifier le lever.
  2. Assurer une base stable aux pieds.
  3. Fléchir les genoux.
  4. Garder les épaules face à la charge.
  5. Soulever la charge en gardant le dos droit.
  6. Garder la charge près du tronc.
  7. Ne pas brusquer le lever.


 Il faut repenser nos programmes de formations

 

Il a été souvent souligné dans la littérature et souvent observé dans les milieux de travail que cette technique de manutention « classique » n’était que rarement utilisée. Quoiqu’elle demeure tout à fait adéquate principalement lorsque la charge est lourde, il y a lieu d’étudier pourquoi elle ne répond pas aux attentes des travailleurs. Plusieurs projets de recherches sont actuellement en cours à l’IRSST qui étudient spécifiquement les techniques de manutention d’expert pour mieux comprendre leurs effets dans la prévention des blessures et pour parfaire les programmes de formation. Actuellement, nous ne sommes pas en mesure de discuter des résultats de ces études et par conséquent, le volet portant sur les programmes de formation des travailleurs n’a été que peu développé. Toutefois au fur et à mesure que les études seront complétées, ce volet sera enrichie de nouvelles connaissances. En attendant nous vous invitons à lire le paragraphe qui suit ainsi qu’un texte de réflexion portant sur ce sujet.

On attribue fréquemment la cause d’une blessure au dos à une mauvaise technique de manutention. On sait par exemple que des postures asymétriques comme une flexion prononcée du tronc combinée avec des mouvements de flexion latérale ou de torsion peuvent provoquer des hernies discales (Adams et Hutton, 1985). De là l’idée de chercher une technique « idéale » de manutention qui minimiserait le chargement mécanique au dos et de faire en sorte d’enseigner cette technique dans des programmes de formation aux manutentionnaires. il faut souligner que la recherche actuelle est encore loin d’apporter des réponses claires quant à la technique de manutention « idéale » (Burgess-Limerick, 2003; Straker, 2003; van Dieen et al., 1999). D’ailleurs certains chercheurs (Burgess-Limerick, 2003; Gagnon, 2003; Kuorinka et al., 1994) s’interrogent même à savoir si on ne se trompe pas en cherchant la technique « idéale ». Un constat est qu’il n’existe probablement pas « une technique », mais plutôt un ensemble de techniques et que celles-ci dépendent du contexte de travail et nécessairement du travailleur (Authier et Lortie, 1993; Kuorinka et al., 1994). Enfin, le fait d’avoir privilégié un objectif unique de « sécurité maximale au dos » dans l’approche de type biomécanique est peut-être une erreur. D’autres objectifs sont importants pour les manutentionnaires comme celui de minimiser leurs efforts, assurer leur équilibre, garder le contrôle de la charge ou encore pouvoir réagir rapidement en cas d’imprévus (ex. une charge qui tombe). Ainsi, Garg et Saxena (1985) soulignaient qu’il était pratiquement impossible pour une majorité de travailleurs de rencontrer les standards de production en utilisant la technique classique « dos droit - genoux fléchis » et que cette technique était plus coûteuse sur le plan énergétique qu’une autre dite « libre ». Il existe probablement un niveau optimal de sécurité dans lequel un manutentionnaire peut manœuvrer de façon tout à fait adéquate et efficiente. Un texte de réflexion portant sur ce sujet est disponible sur ce lien :

Lire l’article complet de Denys Denis

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Port d’équipement de protection individuelle

S’il est impossible de résoudre le problème autrement, on aura recours en dernier ressort au port d’équipement de protection individuelle (ÉPI) comme moyen de prévention.

Le fait de fournir aux travailleurs des ÉPI n’élimine pas le danger à la source et ne permet pas de réduire significativement la plupart des risques de TMS. Certains produits peuvent être utiles, mais n’offrent que peu ou pas d’avantages en matière de prévention des TMS, comme par exemple le support (ceinture) lombaire. Le choix d’un ÉPI est fait en fonction de l’activité, en tenant compte de l’avis des travailleurs et en s’assurant qu’il est conforme à la réglementation.

Certains ÉPI nécessitent une formation ou doivent être accompagnés d’un livret d’information sur leur utilisation. Cet aide-mémoire, rédigé en français, doit obligatoirement être fourni avec l’ÉPI, comme les instructions d’entreposage, d’emploi et de nettoyage.

 

Ceinture lombaire

La ceinture lombaire doit être considérée comme un moyen de dernier recours prise sur une base individuelle. Dans une situation où le port est recommandé pour un travailleur, celui-ci devrait faire l’objet d’un suivi en cas de problème cardiovasculaire. De plus, il devrait être sensibilisé au fait qu’une ceinture lombaire peut engendrer un faux sentiment de sécurité.

Des revues de littérature (Meyer, 2000 ; McGill, 2006) résument très bien les informations connues sur les avantages et désavantages du port de la ceinture lombaire. Première constatation : on ne peut affirmer que cet équipement est approprié pour réduire l’incidence des blessures au dos. En fait, aucune donnée n’indique que la ceinture serait un moyen d’intervention efficace en matière de prévention primaire et de traitement  (Jellema et al., 2001).

Les études ne permettent non plus de conclure qu’elle diminue le chargement lombaire, à moins que celui qui la porte ne retienne sa respiration et serre considérablement sa ceinture (Kingma et al. 2006 ; Lee et Kang, 2002) ce qui ne serait pas envisageable en milieu de travail.

Mentionnons également qu’il existe des variables importantes dont les effets sont peu connus : le type de ceinture (orthèse rigide, ceinture flexible élastique, largeur), la pression exercée sur la colonne et l’abdomen et la position de la ceinture sur le tronc. Il apparaît donc que la prescription obligatoire de la ceinture lombaire à titre de moyen préventif n’est pas justifiable et qu’il y a lieu d’être prudent quant à son utilisation en milieu de travail.

Avantages Désavantages
Réduction de la mobilité lombaire (McGill et al., 1994 ; Giorcelli et al., 2001)Augmentation de la pression sanguine et du rythme cardiaque (Hunter et al., 1989 ; Rafacz et McGill, 1996)
Diminution de la vitesse d’élévation des charges (Giorcelli et al., 2001)Augmentation de la pression intra-abdominale (McGill et al.,1990)
Sources d’information complémentaire
http://www.asphme.org/fiches-techniques.aspx
http://www.cchst.ca/reponsessst/ergonomics/back_blt.html
http://www.acrodnsw.net/DSOP/links/manual_handling_resource_1306%5B1%5D.pdf
http://www.dmt-prevention.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/TC%2079/$File/TC79.pdf

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Casque

Protection contre les chutes d’objet à partir d’un niveau supérieur. Pour préserver ses propriétés, il doit être stocké à l’abri de la lumière et de la chaleur. Tout casque ayant subi un choc important doit être mis de côté, même si aucun dommage n’est apparent.

Gants

Protection contre les risques de coupures, coincements et pincements. Les gants peuvent offrir différents types de protection contre les agressions mécaniques : résistance à l’abrasion, à la coupure par tranchage, à la déchirure, à la perforation, à la coupure par impact et protection contre l’électricité statique. D’autres types de gants protègent contre la chaleur, le froid, les produits chimiques, etc. L’ajustement et le coefficient de friction du gant est important. Des gants mal ajustés, glissants ou trop rigides diminuent la capacité de manutention et augmentent les risques d’accidents.

Chaussures de sécurité

Protection des pieds contre les chutes d’objets manutentionnés ou contre la perforation de la semelle par des objets pointus et coupants. Les chaussures jouent un rôle déterminant pour protéger :

  • La cheville, notamment en cas de travaux sur des terrains accidentés et instables. Elles doivent posséder les caractéristiques nécessaires pour maintenir le pied et lui éviter des torsions latérales (foulures, entorses). Pour prévenir les chocs latéraux, elles doivent comporter des protections suffisamment efficaces pour l’os de la cheville et le tendon d’Achille.
  • Le cou-de-pied, contre les risques de piqûres ou de chocs dans la zone non couverte par l’embout. Il est conseillé d’utiliser des chaussures équipées d’un protecteur conçu pour ne pas perturber la marche et pour répartir l’énergie de choc de préférence sur l’embout et la semelle.
  • Le talon, contre les chocs. Le talon de la chaussure doit être de souplesse convenable afin d’amortir les impacts.
  • La plante du pied, en offrant une résistance aux flexions répétées. Des semelles antiperforation doivent de préférence être incorporées aux chaussures. Certaines chaussures peuvent aussi avoir une certaine résistance aux produits chimiques.

Il est important également de considérer le poids des chaussures ainsi que le matériel de fabrication . Un manutentionnaire peut parcourir de grande distance et des chaussures protectrices légères sont préférables aux grosses bottes de cuir qui ne respire pas.

Autres protections individuelles

  • Casque antibruit ou bouchons d’oreilles : pour tout travail exposant à des niveaux sonores supérieurs à 85 dBA (et même à des niveaux sonores inférieurs pour favoriser le confort des personnes).
  • Genouillères : particulièrement pour les travaux exigeant une position à genoux prolongée.
  • Lunettes, masque, écran facial : pour se protéger des projections au visage.

Source d’information supplémentaire (Voir annexe 2 du document)

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