24 avril 2014 Colloque REM Les solutions on les partage! 
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Le dernier numéro du bulletin du Réseau d'échanges sur la manutention 

Nouvel outil: Aide à la planification pour une manutention manuelle sécuritaire

Mise à jour du site : Février 2014

 

Évaluation des risques

Les risques de blessures augmentent lorsque la durée de l’exposition du travailleur à une tâche, ainsi que l’intensité et la fréquence de cette tâche sont trop élevées. L’évaluation des risques est donc essentielle pour déterminer si un travailleur est à risque.

Il existe sur le web différentes méthodes d’évaluation des risques de lésions. Offertes en anglais et en français, ces ressources prennent plusieurs formes et peuvent être plus ou moins complexes à utiliser. Elles doivent être choisies en fonction de la situation, mais aussi des capacités de votre organisation à les maîtriser.

Les quatre grandes catégories d’outils d’évaluation

Listes de contrôle simples

Elles consistent en une liste de risques potentiels qu’il faut cocher s’ils sont présents dans le milieu de travail. Les risques sont décrits, mais ne sont pas expliqués en détail. Le résultat obtenu indique s’il faut poursuivre la démarche d’évaluation ou non.

Listes de contrôle documentées

Ces outils d’évaluation comprennent une liste de contrôle, mais les critères et paramètres pour remplir la grille sont expliqués afin de donner à l’utilisateur les balises nécessaires pour bien évaluer les situations.

Méthodes d’analyse des risques

Ces méthodes décomposent l’ensemble d’une tâche de manutention en éléments (ou facteurs) distincts pour déterminer quelle charge peut être soulevée sans danger par un individu. Une charge de référence est pondérée par divers facteurs (distance sujet-charge, distance charge-sol, distance du déplacement vertical, asymétrie, fréquence, cumul des charges transportées par unité de temps, qualité de la prise sur la charge) dont les valeurs sont établies à partir de paramètres physiques. Ces méthodes s’utilisent pour concevoir un nouveau poste de manutention ou pour évaluer un poste existant. Elles nécessitent la prise de mesures linéaires simples (masse, distance) et l’utilisation d’une calculatrice.

Tables de pourcentage

Ces tables permettent de dire quel pourcentage d’une population de travailleurs est en mesure d’effectuer une tâche de référence de façon régulière dans sa journée de travail. Ces tables créées au moyen d’une approche psychophysique sont basées sur les travaux scientifiques effectués par les Dr Stover Snook et Dr Vincent Ciriello pour le compte du Liberty Mutual Research Institute for Safety.

Les outils présentés sont destinés aux situations de travail générales. Il existe aussi des outils spécifiques à certains secteurs, comme le milieu hospitalier ou le bâtiment et les travaux publics (BTP). Nous avons volontairement mis de côté les outils destinés à l’évaluation des TMS en général.

Listes de contrôle simples

Liste de contrôle pour la manutention des charges (SUVA)

Élaborée par la Caisse Nationale Suisse d’Assurances (SUVA), cette liste propose 21 situations à évaluer selon le mode « oui / en partie / non » et couvre les aspects de la planification des transports, les moyens de manutention auxiliaires, les actions de soulever et de porter et la formation. Elle requiert en partie l’observation du travail. Une fiche annexe permet de noter les mesures à mettre en œuvre pour le suivi de l’intervention.

Télécharger le document PDF de 4 pages (94 ko) en français.
Voir le site de la SUVA

Dépistage - Prévention des lombalgies (CRAM Alsace - Moselle)

Mis au point par la Caisse régionale d’assurance maladie (CRAM) d’Alsace et de Moselle, en France, cet outil de dépistage interactif a été conçu sur la base d'une méthode européenne de repérage du risque de lombalgies en cas de manutentions manuelles.

Télécharger le dépliant en format PDF (104 ko) en français.
Voir le site de la CRAM Alsace - Moselle

Manual Handling Risk Identification Checklist (Ontario PPHSA)

L’association de santé et de sécurité du travail du secteur des pâtes et papiers de l’Ontario (PPHSA) a créé cette liste de contrôle qui énumère 43 situations relatives aux poids maximaux des objets, aux postures, aux exigences de travail, aux caractéristiques des tâches de soulèvement et de déplacement, ainsi qu’aux facteurs environnementaux, organisationnels et personnels. Une analyse plus poussée de la situation est suggérée si une seule réponse positive est obtenue.  Elle ne requiert aucune observation directe, mais exige une bonne connaissance du travail effectué.

Télécharger le formulaire de 2 pages en format PDF (22 ko), en anglais.
Voir le site du PPHSA 

E-Facts 44 Checklist for the prevention of manual handling risks. Agence Européenne pour la sécurité et la Santé au travail.

Élaborée par l’Agence Européenne pour la sécurité et la Santé au travail, cette liste propose 50 situations à évaluer selon le mode « oui ou non » qui couvre les aspects de charge et de ses caractéristiques, de la tâche et de l’organisation du travail, du poste de travail et de l’équipement, de l’environnement de travail et finalement de la capacité et de l’expérience du travailleur. Le questionnaire est appuyé par des exemples de mesures préventives et correctives de situations à risque. Malheureusement, cette liste n’est pas disponible en français pour le moment.

Pour télécharger :
http://osha.europa.eu/en/publications/e-facts/efact44

 

Arbouw

Cette méthode couvre le soulèvement, le transport, les actions de pousser et tirer une charge, la charge statique et les mouvements répétitifs dans l’industrie de la construction. L’approche est simple à comprendre (principes des feux de circulation : vert, jaune et rouge). Puisqu’elle est basée sur l’équation du NIOSH, cette méthode peut être considérée comme sa version simplifiée. Toutefois, la correspondance entre l’équation du NIOSH et celle-ci est modérée. Elle nécessite beaucoup de temps et ne fournit pas des informations très détaillées. Aucune étude n’a été trouvée quant à sa reproductibilité et son association avec les TMS.

Source Internet : http://www.lhsfna.org/files/ARBOUW_Guidelines.pdf
 

Références : Takala, E.-P. et al. (2010). Systematic evaluation of observational methods assessing biomecanical exposures at work. Scandinavian Journal of Work Environment and Health ; 36 (1) : 3-24.

 

Washington State ergonomic checklists

L’analyse du soulèvement de charge de cette méthode incluse dans la liste de contrôle est une version simplifiée de l’équation du NIOSH. La liste de contrôle « Washington » permet des poids acceptables plus élevés pour la charge soulevée que ceux du NIOSH. À titre comparatif, la méthode a indiqué un niveau de risque substantiellement plus faible que l’équation du NIOSH, mais les résultats étaient similaires à ceux obtenus avec un modèle biomécanique.

Bien qu’elle soit limitée aux risques, cette méthode est à la fois simple, rapide et prend en compte la plupart des facteurs de risques, la durée et la répétitivité. Les décisions sont simples à prendre.

Source Internet :
http://www.lni.wa.gov/Safety/Topics/Ergonomics/ServicesResources/Tools/default.asp

Pour des informations complémentaires sur la méthode vous pouvez consulter ce lien:
http://www.ttl.fi/en/ergonomics/methods/workload_exposure_methods/table_and_methods/Documents/WashingtonStateErgonomicchecklist.pdf

 

Références : Takala, E.-P. et al. (2010). Systematic evaluation of observational methods assessing biomechanical exposures at work. Scandinavian Journal of Work Environment and Health ; 36 (1) : 3-24.

 

Back-exposure sampling tool (BackEst)


Cette méthode est assez simple. La validation consciencieuse / minutieuse des données vs les mesures techniques donne la possibilité de transformer adéquatement les résultats observés. Étant donné la méthode d’échantillonnage, elle requiert beaucoup de temps.

Source Internet :
http://www.ttl.fi/en/ergonomics/methods/workload_exposure_methods/table_and_methods/Documents/BackEST.pdf

http://www.cher.ubc.ca/backstudy/observation_tool.pdf

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18950744
 

Références : Takala, E.-P. et al. (2010). Systematic evaluation of observational methods assessing biomechanical exposures at work. Scandinavian Journal of Work Environment and Health ; 36 (1) : 3-24. 

A Guide to Manual Tasks (ACT Government)

Ce guide a été conçu pour identifier, évaluer / analyser et contrôler les risques en lien avec la manutention manuelle. Il est divisé en trois étapes :

  1. L’identification des risques à partir des données d’accidents

    La démarche proposée mise sur l’implication des employés. Leur inclusion dans la démarche, permet de mieux connaître / comprendre leur représentation du travail et par le fait même, les risques potentiels et les avenues de solutions auxquelles ils pensent. Le repérage des risques sur le lieu de travail est également un élément qui est privilégié.

  2. Évaluation / analyse du risque

    Ici, il faut chercher la / les cause(s) du problème. Plusieurs déterminants sont pris en compte:
     

    • Mouvements et actions ;
    • Aménagement du poste de travail ;
    • Postures de travail ;
    • Durée et fréquence des tâches manuelles ;
    • Lieux de prise et de dépôt et distance des déplacements ;
    • Poids de la charge ;
    • Effort ;
    • Caractéristiques de la charge et les équipements ;
    • Organisation du travail ;
    • Environnement de travail ;
    • Aptitudes et expérience des travailleurs ;
    • Caractéristiques personnelles (âge, condition physique, blessure, etc.) ;
    • Vêtements ;
    • Besoins particuliers (ex : lors d’un retour au travail suite à un accident).
     

  3. Contrôler le risque

    Cette étape consiste à éliminer ou réduire les facteurs de risque. Elle peut inclure les éléments suivants :
     


    • Réaménager le poste de travail ;
    • Modifier la façon dont la manutention est réalisée (ex : éliminer la manutention inutile) ;
    • Au besoin, mécaniser la manutention ;
    • Modifier la charge (ex : format) ;
    • Réduire les mouvements et les efforts qui présentent des risques (ex : torsion du dos).

     

Le format

La démarche propose un document pour l’évaluation. Pour les deux premières étapes, une version courte et une longue sont disponibles. L’évaluateur doit cocher lorsque l’énoncé correspond à la situation (ex : est-ce que la personne fait des mouvements soudains ?). La dernière partie du document présente les modifications à apporter et les suivis à court, moyen et long terme. Cette partie contient l’information en lien avec les questions suivantes : qui (personne responsable), quoi (ce qui sera fait précisément), quand (échéances) et comment (moyens de parvenir aux améliorations / modifications).

La dernière partie du document (pages 25 à 84) inclut différentes études de cas.


Source Internet :
http://cdn.justice.act.gov.au/resources/uploads/Worsafe/Publications/Handbooks/WSACT_HB_0034_A_Guide_to_Manual_Tasks.pdf

 

Procedure for Managing Injury Risks Associated with Manual Tasks

Cette méthode a pour objectif, d’éliminer ou si cela n’est pas possible, de réduire les risques associés à la manutention de charge. Les auteurs précisent que les travailleurs qui exécutent la tâche doivent être impliqués tout au long de la démarche. Celle-ci doit être combinée à de la formation sur l’identification, l’évaluation et l’élimination ou le contrôle des risques en manutention.


La démarche se divise en trois principales étapes :
 

  1. Identification des risques potentiels en lien avec la manutention manuelle

    Pour cette étape, on doit consulter les employés, observer les tâches de manutention manuelle et consulter les données d’accidents. Une tâche présente des risques si elle répond à au moins un critère déjà pré-établi (ex : le poids de manutention est de plus de 16 kg).

  2. Évaluation / analyse du risque

    Pour chacune des régions du corps (dos, bras, épaules et jambes), un résultat est inscrit en fonction de l’effort, de l’exposition, de la posture et du / des mouvement(s). Des points supplémentaires sont attribués pour les conditions environnementales plus « contraignantes » (ex : froid / chaud, pression temporelle, etc.). Selon le pointage obtenu pour chacune des régions corporelles, l’évaluateur détermine le niveau de risque. Le niveau de risque global (faible, modéré, élevé), c.-à-d. celui correspondant aux quatre régions corporelles, est également calculé.

  3. Élimination ou contrôle du risque

    Lorsque le niveau de risque est moyen ou élevé, des moyens d’éliminer (ex : éliminer les re-manutentions) ou de réduire le / les risque(s) doivent être mis de l’avant. En plus de ces moyens, les auteurs accordent une importance particulière aux éléments suivants : la maintenance, la charge de travail, la rotation / la variété des tâches, le soulèvement de charge à deux, les équipements de protection individuels (EPI) et la formation. 

     

Conserver un registre des risques

Les données recueillies (tâches identifiées comme potentiellement à risque, évaluations des risques identifiés, mesures de contrôle proposées et suivi) devraient être conservées. Le registre devrait être facilement accessible afin de faciliter / favoriser le partage dans l’organisation.

 

Formation

La participation des manutentionnaires est essentielle à toutes les étapes de la démarche. Pour ce faire, la formation à l’identification, l’analyse et le contrôle des risques sont requis. L’annexe D de la démarche procure des renseignements supplémentaires.


Source :
Burgess-Limerick, R. (2008). Procedure for Managing Injury Risks Associated
with Manual Tasks.

Lien Internet :
http://burgess-limerick.com/download/manualtasksprocedure.pdf


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Listes de contrôle documentées

La manutention – Guide d’ergonomie (CSSIAT – Nouveau Brunswick)

Ce document de la Commission de la santé, de la sécurité et de l’indemnisation des accidents au travail du Nouveau-Brunswick (CSSIAT) comprend une liste de contrôle en 15 points auxquels il faut répondre par « oui / non / non disponible ». Toute réponse négative indique qu’il y a risque de lésion ou que ce n’est pas une situation optimale de manutention. La liste couvre les domaines suivants : masse de l’objet, posture, fréquence et durée, caractéristiques de l’objet, du manutentionnaire et de l’environnement. On suggère fortement de prendre connaissance de l’ensemble du document avant de commencer à utiliser la liste de contrôle. À partir des éléments de la liste de contrôle, le document fournit des explications ou propose des pistes de solution. Une liste de contrôle vierge est présentée en annexe. Ce document est offert en anglais et en français.

Télécharger le document PDF de 22 pages (256 ko) en français.
Télécharger le document PDF de 22 pages (259 ko) en anglais.
En cas de difficulté, aller sur le site de la CSSIAT, menu « Ressources », section « Dépliants » et cliquez sur le document « Guide d’ergonomie – La manutention (livre : PDF, 265 Ko) » dans la sous-section « Publications sur la prévention – Livres et livrets ».

MAC – Manual Handling Assessment Charts (HSE – Royaume-Uni)

Ce document réalisé par le Health and Safety Executive (HSE) du Royaume-Uni propose des grilles d'évaluation des risques à la manutention pour lever et transporter une charge seul ou en équipe. L’utilisateur suit huit étapes consécutives sur les aspects suivants : la masse à soulever, la position de la main par rapport au dos, la zone de déplacement de la masse, la nécessité de torsion ou de flexion, les contraintes posturales, la qualité de la prise sur la charge, la qualité du plancher et les facteurs environnementaux. À chaque étape, il doit évaluer la situation et lui attribuer un code numérique et un code de couleur correspondant à un gradient d’importance du risque. Des illustrations de situations pour chaque niveau d’importance, associées aux codes, aident l’utilisateur à faire ces évaluations. Les réponses sont inscrites dans un tableau récapitulatif en utilisant les codes de couleur (qui indiquent quels éléments nécessitent le plus d’attention) et le score numérique (qui permet d’évaluer l’amélioration d’une situation après intervention).

Télécharger le document PDF de 13 pages (314 ko) en anglais.
Voir le site du HSE

National Code of Practice – Manual Handling NOHSC, 2005 (Australie)

L’évaluation des risques s’insère ici dans une démarche globale comprenant la détermination, l’évaluation et le contrôle des risques à la manutention. La phase de détermination comprend l’analyse des dossiers d’accidents de l’entreprise, la consultation des travailleurs, l’observation du travail et l’utilisation de la liste de contrôle (en page 27).

La liste de contrôle consiste en 18 énoncés auxquels il faut répondre par « oui » ou par « non » et couvre les aspects suivants : postures et gestuelle, tâche et objet, environnement de travail et facteurs individuels.

Une section aide l’utilisateur à évaluer le risque en posant une série de questions orientées spécifiquement vers ce risque. Le texte est abondamment illustré, montrant des postures et des gestes « à faire » en opposition à « à ne pas faire ». Une liste de contrôle vierge est offerte en annexe.

Télécharger le document PDF de 60 pages (279 k-o) en anglais.
Voir le site du Australian Safety and Compensation Council (ASCC)

 

New Zealand code for material handling


Cette méthode évalue les risques (en termes de manutention manuelle) à l’aide d’une grille de contrôle (en anglais, « check list »). Si un risque potentiel est relevé, une observation additionnelle sera réalisée afin de calculer son niveau de risque. Ce niveau sera utile pour donner un résultat quant au risque, qui lui servira comme guide sur l’urgence et des mesures de contrôle nécessaires pour réduire le risque. Le New Zealand code for material handling prend en considération différents facteurs tels que certaines caractéristiques de la charge (ex : dimensions, format) et les planchers glissants. En contre partie, l’utilisateur doit prendre des décisions à partir de règles qui sont plus ou moins bien définies / claires. Aucune étude portant sur la validité et la reproductibilité de cette méthode n’a été trouvée.


Source Internet :

http://www.osh.dol.govt.nz/order/catalogue/pdf/manualcode.pdf

 

Références : Takala, E.-P. et al. (2010). Systematic evaluation of observational methods assessing biomechanical exposures at work. Scandinavian Journal of Work Environment and Health ; 36 (1) : 3-24.

 

Manual tasks risks assessment (ManTRA) 

Cette méthode est rapide et simple d’utilisation. La démarche est composée d’une échelle de cinq étapes :  

a. Temps moyen passé à réaliser la tâche (pour une journée type) ; 
b. La répétitivité (combinant la durée et le temps de cycle) ;
c. L’effort (combinant le niveau de force requis et la vitesse des mouvements) ;
d. Les difficultés ;
e. Les vibrations.

Elle inclut quatre parties du corps : les membres inférieurs, le dos, le cou - les épaules et les bras – les poignets - les mains.

Toutefois, la définition des critères n’est pas suffisamment claire et l’évaluation est plutôt subjective. Également, lorsqu’on désire avoir un niveau d’exposition globale pour un poste de travail, la mise en commun des tâches n’est pas assez bien définie / claire. Les limites proposées sont regroupées en catégories d’actions.

Enfin, aucune étude statuant sur la validité et la répétitivité de la méthode n’a été trouvée.

 

Source Internet :
http://ergo.human.cornell.edu/cumantra2.htm
 

Références : Takala, E.-P. et al. (2010). Systematic evaluation of observational methods assessing biomechanical exposures at work. Scandinavian Journal of Work Environment and Health ; 36 (1) : 3-24.Haut de la page

Méthodes d’analyse des risques

L’équation révisée du NIOSH (1994)

Rappelons d’emblée que ce document date de 1994 et regroupe l’article paru originellement ainsi que de nombreux exemples. L’équation « révisée » de 1994 est l’évolution d’une équation similaire établie en 1981.
Tous les termes de l'équation sont clairement expliqués, de même que la procédure d'analyse d'une situation de travail impliquant la levée d’une charge. La masse de référence maximale, fixée à 23 kg (51 lb), est modifiée par six facteurs. Certains de ces facteurs sont établis à partir de calculs simples effectués sur des paramètres de la tâche ou sont proposés sous forme de tables. Le résultat final donne une « masse limite recommandée » (ou RWL signifiant Recommended Weight Limit) pour la situation à l’étude.

Limites de la méthode

L'avant-propos de ce document rappelle que cette équation n'est valide que pour certaines situations définies. Elles excluent, par exemple, la levée d’une charge avec une seule main, d'objets très chauds ou très froids et en cas de risque de chute ou de glissade. La compréhension de ce document permet de bien saisir plusieurs des facteurs impliqués dans une tâche de manutention. La représentation simplifiée qu’elle propose peut cependant s’éloigner des situations observées sur le terrain au cours d’un quart de travail.

Télécharger le document PDF de 148 pages (3 740 ko) comprenant l’article scientifique original en anglais : Waters, T.R., Putz-Anderson, V., Garg, A., Fine, L.J. « Revised NIOSH equation for the design and evaluation of manual lifting tasks ».  Ergonomics, 1993, 36(7): 749 - 776.
Voir le site de NIOSH

Consulter l'équation du NIOSH

Norme ISO 11228-1 (2003)

La norme propose une approche étape par étape pour évaluer des risques et l’utilisateur y est guidé à l’aide d’un algorithme de décision. Une masse de référence (variant de 15 à 40 kg selon le groupe de population) est modifiée par l’application de différents facteurs. Une équation similaire à celle de NIOSH est utilisée pour établir la masse qui peut être déplacée sans risque de lésion. Les facteurs comprennent, entre autres, la fréquence des manutentions verticales en fonction du poids des objets manutentionnés et le cumul de la masse au cours du quart de travail. Ce dernier peut être exprimé en kg/minute (risque à court terme), en kg/heure (risque à moyen terme) et en kg/8 heures (risque à long terme). Certains de ces facteurs sont établis à partir de calculs simples effectués sur des paramètres de la tâche, ou sont proposés sous forme de tables ou d’abaques.

La norme ISO 11228-1 (2003) intègre les fondements de l’équation de NIOSH dans une démarche qui tient compte du cumul temporel des charges manutentionnées et de la distance parcourue en tenant la charge. Elle préconise également une approche ergonomique pour l’évaluation et la transformation des tâches de manutention. Cette approche est décrite en annexe. On trouve également en annexe deux exemples, le premier sur la préparation de commandes dans un supermarché et l’autre sur la manutention en garderie.

Pour des tâches répétitives impliquant la manipulation de charges faibles à fréquence élevée, il faut consulter la norme ISO 11228-3 (2007)

Limites de la méthode

La norme ISO 11228-1 (2003) recommande des limites « pour les opérations de manutention manuelle verticale et horizontale tout en tenant compte, respectivement, de l'intensité, de la fréquence et de la durée de la tâche. Elle s’applique à la manutention manuelle d'objets dont la masse est de 3 kg ou plus lorsque la vitesse de marche est modérée, c'est à dire 0,5 m/s à 1,0 m/s, sur une surface plane horizontale. »

La norme peut être téléchargée (document PDF de 26 pages, 1 070 ko) moyennant un paiement de 102 francs suisses. Ce lien donne l’information sans téléchargement. Cette norme est également offerte en prêt dans certaines bibliothèques publiques et des centres de documentation spécialisés, comme celui de la CSST, où vous pouvez la trouver en recherchant l’expression « manutention manuelle » dans « Sujet » et en spécifiant la collection « Norme ».

 

ACGIH lifting threshold limit value

Cette méthode est rapide et facile à utiliser. Elle ressemble beaucoup à celle du NIOSH. La méthode permet d’estimer le seuil limite à partir du bras de levier (distance entre la charge et le manutentionnaire), la fréquence et la durée de manutention au cours d’une journée. Les limites obtenues à partir de cette méthode ont démontré une correspondance de niveau modéré à élevé avec les résultats obtenus dans l’équation du NIOSH et la méthode psychophysique de Snook pour l’élaboration de limites quant au soulèvement de charges. Par contre, la méthode ACGI se limite au soulèvement d’une seule charge effectué à deux mains. Aucune étude en lien à l’association avec les TMS ou la répétitivité de la méthode n’a été trouvée.

Source Internet (la méthode doit cependant être achetée) :

http://www.acgih.org/Store/ProductDetail.cfm?id=1788
 

Références : Takala, E.-P. et al. (2010). Systematic evaluation of observational methods assessing biomechanical exposures at work. Scandinavian Journal of Work Environment and Health ; 36 (1) : 3-24.

 

Grille d'analyse des contextes de manutention

 

Cette grille a été développée dans le cadre de l’élaboration d’un programme de formation à la manutention. En utilisant cet outil, on vise à implanter un programme de formation mieux / plus adapté aux situations de manutention (qui tient compte du travail réel comparativement au travail prescrit). Toutefois, bien que la formation soit une avenue de solution en soi, elle doit être perçue comme l’UNE des façons d’intervenir. Vous en conviendrez que, dépendamment de la situation, d’autres moyens peuvent être essentiels, voire nécessaires pour agir à titre préventif. Les auteurs se « situe donc dans une approche systémique de prise en charge des risques : on désire amener les utilisateurs à une prise en charge plus générale des problèmes en utilisant la formation comme levier à d’autres transformations ».

En complétant la grille, trois objectifs pourront être atteints :
 

  1. Mieux comprendre les activités de manutention ;  
  2. Dégager de grandes orientations pour la formation à la manutention ;  
  3. Identifier sur quels éléments il pourrait y avoir des transformations.  

Format

La grille se divise en trois grandes sections : le contexte général, les caractéristiques de la manutention et les déterminants de la manutention.

Les informations à recueillir sont d’abord expliquées succinctement. Trois fiches permettent ensuite de recueillir les données, sous forme de courtes questions fermées. L’information est synthétisée dans un PLAN D’ACTION à la fin du document ; celui-ci présente des pistes pour la formation de même que des pistes de transformations pour la situation de manutention à l’étude.


Fonctionnement / utilisation

La plupart des informations peuvent être recueillies via des entrevues informelles avec des personnes clés de l’entreprise (ex : manutentionnaires, responsable SST, superviseurs, gestionnaires) et complétées par de courtes observations.

La première section décrit le contexte général et doit être remplie une seule fois. Les deux autres (caractéristiques de la manutention et déterminants de la manutention) documentent une seule situation de manutention que l’on retrouve dans l’organisation. Par conséquent, ces deux sections devront être complétées autant de fois que nécessaire (ex : une pour le changement de pneu, une autre pour pousser un chariot).

L’ordre dans lequel les sections sont complétées n’a pas d’importance.
Une personne qui n’est pas familière avec la grille aura besoin de deux à trois heures pour la compléter. 
 

Contenu de l'outil

  1. Contexte général
    Cette première section est particulièrement pertinente pour le formateur puisqu’elle permet de comprendre et de pouvoir adapter la formation à la situation de l’organisation. 

     
    ObjectifInformation recueillieFacteurs à documenter
    Dresser le portrait de la situation dans l’entreprise en matière de prévention et comprendre les enjeux.Caractéristiques de l’entreprise et des manutentionnaires

    • Taille

    • Secteur d’activité

    • Vigueur économique

    • Caractéristiques de la main d’oeuvre

     

     Organisation générale de la prévention

    • Fonctionnement et actions du CSS

    • Actions de prévention

  2. Caractéristiques de la manutention 
    Ici, on cherche à documenter l’activité de manutention. Pour y parvenir trois grands éléments sont documentés : la variabilité, les difficultés et les particularités.

    ObjectifInformation recueillieFacteurs à documenter
    Dresser un portrait de la situation de ce qui varie / évolue lors des activités de planification et d’organisation.Variabilité

    • Activités de manutention
    • Contexte environnemental
    • Contexte spatial
    • Caractéristiques des charges
    • Équipements

     

    Identifier les contraintes, les difficultés pouvant ajouter à la charge de travail. Certaines difficultés sont spécifiques à un contexte particulier. Il faut arriver à mieux comprendre les difficultés pour diminuer les risques et outiller les manutentionnaires (par le biais, entre autre, de la formation).Difficultés

    • Idem

    Identifier les particularités (ex : travail d’équipe, transfert de charges) pour bien comprendre l’activité de travail afin d’offrir une formation adaptée.Particularités

    • Activités de manutention

    • Contexte environnemental

     
  3. Déterminants de la manutention 

    ObjectifInformation recueillieFacteurs à documenter
    Identifier les déterminants de l’activité de travail (facteurs qui ont une influence sur le travail et sur lesquels il est possible d’intervenir).Dispositifs techniques (éléments techniques du système de production)

    • Équipements de manutention
    • Aménagements 
     

    Orienter l’entreprise sur des éléments de transformation divers.
     
    Dispositifs socio-organisationnels

    • Méthodes de travail
    • Gestion des stocks
    • Marges de manœuvre
    • Charge de travail
    • Équipes de travail


    Lorsque les trois parties sont complétées, les données peuvent être synthétisées dans LE PLAN D’ACTION.

    Une fois la grille complétée, le formateur dispose d’un portrait qui correspond au contexte de l’entreprise. D’ailleurs, il est suggéré de vous référer au programme de formation participative en manutention manuelle (À paraître). Ce rapport décrit les fondements théoriques et l’approche proposée pour assurer une formation à la manutention manuelle efficace qui correspond à la réalité des manutentionnaires et des milieux de travail.

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Référence: Gonella, M., St-Vincent, M., Lortie, M., Denis, D. (2009). Utiliser un outil d’analyse des contextes de manutention pour aider au développement d’une formation adaptée et à la transformation des situations. 44e congrès de la Société d’Ergonomie de la Langue Française, 77 – 84. 

Tables de pourcentage

Tables de Snook

Ces tables sont également appelées « tables de Snook et Ciriello (1993) » ou « tables psychophysiques » et établissent un poids maximal acceptable pour des pourcentages prédéterminés de la population, en fonction de la distance entre le corps du manutentionnaire et l’objet à lever, la distance verticale de déplacement de l’objet, la zone de déplacement et la fréquence de la manutention. À partir de ces données, on peut trouver le poids maximal acceptable pour les pourcentages suivants d’une population industrielle : 10 %, 25 %, 50 %, 75 % et 90 %. Il existe des tables pour les hommes et pour les femmes, pour lever et abaisser, et pour pousser et tirer une charge.

Limites des tables de Snook

Il est recommandé de réduire de 15 % le poids maximal acceptable si l’objet manutentionné n’offre pas une bonne prise (pas de poignées, par exemple) et de 50 % si la manutention se fait à la limite des zones d’atteinte. Il faut également être prudent lorsque la fréquence de manutention dépasse 6 levages/min.

Les tables de Snook ont été publiées dans la littérature scientifique et on peut en prendre connaissance, de même que de la méthodologie sous-jacente à leur production, dans cet article scientifique :
Snook, S.H. et Ciriello, V.M. « The design of manual handling tasks : revised tables of maximum acceptable weights and forces. » Ergonomics, vol. 34, no. 9, 1991. Cet article est disponible au centre de documentation de la CSST; il suffit d’indiquer « Snook » et « Ciriello » comme auteurs dans les champs de recherche.

Tables de Liberty Mutual

Les tables de Liberty Mutual ne diffèrent des tables de Snook que dans la présentation des résultats, les valeurs étant ici les pourcentages de population au lieu du poids maximal acceptable. Les tables de Liberty Mutual sont donc essentiellement une collection de onze tables indiquant quel pourcentage de la population américaine de travailleurs industriels, masculins ou féminins, est en mesure de faire une tâche de manutention en fonction de la masse de l'objet, de la distance verticale de déplacement de l'objet, de la hauteur finale du dépôt de l'objet et de la distance de l'objet par rapport au corps ainsi que de la fréquence de l'activité. On fait la distinction entre lever une charge, la déposer ou la transporter.

Limites des tables

L'utilisation de ces tables requiert des connaissances de base en ergonomie et une bonne connaissance de la mesure des variables. Il faut également éviter d'imposer une tâche de manutention sur la seule valeur des pourcentages proposés ou de les utiliser pour faire de la discrimination à l’embauche. Ces tables ne prennent pas en compte les tâches dans lesquelles il y a flexion ou torsion prononcée du dos, de la manutention avec une seule main, ni lorsqu'on lance ou qu'on attrape des objets.

Télécharger le document PDF de 24 pages (875 ko) en anglais.
Utiliser la page de calcul interactif sur le site de Liberty Mutual.

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Vous trouverez également d’autres méthodes d’évaluation des risques aux adresses suivantes :

• « Finnish Institute of Occupationnal Health »
 

 

 

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