Statistiques

1- La situation des jeunes travailleurs occupant un emploi


En 2003, au Québec, les jeunes de 15 à 24 ans représentaient environ 16 % de la population active, soit 522 000 jeunes travailleurs  [1]. On estime qu’ils travaillaient environ 10% des heures totales travaillées par la population active, tout âge confondu [2]. Le taux d’activité des jeunes travailleurs a augmenté de façon importante au cours des dernières années passant de 58% en 1998 à 66% en 2002 (Gervais, 2004). Il rejoint ainsi le taux d’activité de la population active totale (66% en 2002). Environ 42% de cette main-d’œuvre travaille à temps partiel pour une moyenne de 30 heures par semaine. La moitié des jeunes travailleurs sont étudiants et sont plus nombreux à investir le marché du travail au cours de l’été. Il est intéressant de noter également que, d’après les données de l’Enquête sociale et de santé (ESS, 1998), environ 6% des jeunes de 15 à 24 ans cumulent deux emplois [3]. Usalcas (2005) constate que l’emploi a crû de façon plus importante chez les jeunes canadiens (15-24 ans) que chez les plus âgés (25 ans et +) entre 1997 et 2004. Cette croissance a été particulièrement importante chez les jeunes femmes et les adolescents (15-19 ans).

Les secteurs du commerce de détail, de l’hébergement et des services de restauration (cafés, restaurants, clubs-vidéo, magasins de vêtement, supermarchés, magasins-entrepôt) sont très fortement investis par les jeunes. C’est plus particulièrement dans le commerce de détail que l’emploi a crû le plus rapidement chez les jeunes dans les dernières années, associé à la croissance économique marquée. Ce secteur est le plus grand employeur d’adolescents de 15 à 19 ans (Usalcas, 2005). En 2004, 32% des adolescents travaillaient dans le commerce de détail, principalement dans les magasins d’alimentation, de vêtements et d’accessoires vestimentaires, ainsi que de produits de santé et de soins personnels, principalement à temps partiel et à titre de commis, étalagiste ou vendeur. Les secteurs de l’hébergement et des services de restauration arrivent au 2e rang comme employeur d’adolescents. Quant aux jeunes adultes un peu plus âgés (20-24 ans), ils travaillent davantage à temps plein et les secteurs de l’économie qu’ils occupent sont plus variés. Mais il n’en demeure pas moins que le commerce de détail représente le principal secteur pour ceux-ci, avec 21% des 20-24 ans.


Tableau 1 : Principales professions occupées par les jeunes travailleuses et travailleurs québécois (15-24 ans)
Professions occupées par les hommes
Part de l'ensemble des professions pour ce groupe d'âge (%)
Homme            Femmes
Professions occupées par les femmes
Commis d'épicerie et étalagistes
6,0 13,9 Caissières
Vendeurs et commis vendeurs vente au détail
5,4 11,4 Vendeuses et commis vendeuses vente au détail
Aides-cuisiniers et aides dans les services alimentaires
4,5 6,3 Serveuses d'aliments et de boissons
Cuisiniers
4,1 3,8 Serveuses au comptoir et préparatrices d'aliments dans les services alimentaires
TOTAL
20 % 35,4 %
TOTAL

Source : données du recensement canadien de 1996 (tirées du site Web de
Statistique Canada : www.stat.gouv.qc.ca)

Les jeunes travailleurs, indépendamment de leur âge et de leur occupation, ne constituent pas un groupe homogène. Certains sont étudiants et occupent un emploi à temps partiel, d’autres sont des décrocheurs occupant un emploi à temps plein ou sont des diplômés occupant un emploi à temps partiel. Plusieurs autres cas de figure existent pour définir la situation des jeunes en emploi. Les travailleurs étudiants comptent pour 46 % des travailleurs de 15-24 ans en période scolaire. Il est intéressant de subdiviser ce groupe en tranches d’âge plus restreintes, soit les travailleurs adolescents (15-19 ans) et les jeunes adultes (20-24 ans), puisqu’en général, ils ne sont pas au même stade d’insertion au marché du travail. En effet, la majorité des jeunes adolescents travaillent à temps partiel (79%) alors qu’à l’inverse, 63% des jeunes adultes occupent un emploi à temps plein. Dans le même ordre d’idée, 73% des adolescents qui travaillent sont également étudiants alors que chez les jeunes adultes, cette proportion n’est que de 33%. On ne parle donc pas des mêmes conditions d’emploi selon que l’on considère un adolescent ou un jeune adulte.

Les jeunes occupent davantage d’emplois atypiques que le reste de la population active (tableau 2). Ce travail considéré atypique existe sous différentes formes dont les appellations varient : occasionnel, auxiliaire, sur appel, temporaire, surnuméraire, temps partiel occasionnel, travailleur autonome, contractuel, intermittent (avec horaires brisés ou irréguliers), à domicile ou à distance (télétravail). 


 
Tableau 2 : Distribution des travailleurs dans les principales formes d'emploi atypique au Québec en 1999 selon leur catégorie 
 
15-29 ans
30 ans et +
Temps partiel permanent
16,6
7,4
Temps partiel temporaire
11,2
2,3
Temporaire temps plein
11,7
5,3
Travailleurs autonomes
6,3
17,9
TOTAL
46,5 %
33,1 %


Référence : Conseil permanent de la jeunesse, (2001) " Emploi atypique et précarité
chez les jeunes. Une main-d'œuvre à bas prix, compétente et jetable ", p.31.


[1] Statistique Canada, Enquête sur la population active; compilation spéciale réalisée par Emploi-Québec, données pour l’année 2003; cette estimation a été établie au cours de la période scolaire, soit de janvier à avril et de septembre à décembre.  On peut donc suspecter un nombre plus important l’été.

[2] Estimation faite sur la base des données de l’enquête ESS-98, en posant l’hypothèse que ces données sont restées relativement stables entre 1998 et 2003.

[3] Information tirée de l’enquête sociale et de la santé 1998 (ESS) produit par l’Institut de la statistique du Québec dont l’échantillon est constitué de 11 000 travailleurs québécois.

 

 

 

 

 

 

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