IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

Appel de propositions terminé

Appel de propositions IRSST-REPAR

Soutien à la recherche axée sur des priorités en réadaptation au travail

Date limite de dépôt des demandes : 4 janvier 2016

Contexte et objectifs

L’objectif de ce volet du partenariat IRSST-REPAR est d’apporter un soutien en vue de permettre à des équipes de recherche d’être mieux outillées pour soumettre des demandes de financement à des organismes subventionnaires provinciaux et fédéraux sur des problématiques en réadaptation au travail. Il s’agit essentiellement d’activités exploratoires ou préalables au développement de projets (ex. projets pilotes, bilan de connaissances, etc.) permettant de générer des propositions de recherche plus compétitives et qui comportent un effet levier substantiel. La recherche intersectorielle et/ou internationale est fortement conseillée dans ces projets.

Thématiques ciblées

Thématique 1 : Programmes d’autogestion des travailleurs ayant une incapacité pour promouvoir le retour ou le maintien au travail.

La gestion des problèmes liés à la douleur en phase chronique est un défi important qui peut nuire tant au retour au travail qu’à son maintien. Il existe des programmes d’autogestion, livrés de façon individuelle ou en groupe par les professionnels de la santé, qui visent à apprendre aux patients/travailleurs des stratégies leur permettant une gestion efficace de leurs conditions de santé. Or, les principes des programmes d'autogestion ont typiquement été conçus pour résoudre les problèmes principalement liés à la douleur. Certaines études voient une avenue intéressante d’implanter de tels programmes pour réduire l’incapacité au travail (Shaw et al., 2012; Johnston et al., 2013). Une adaptation de ces évidences est cependant nécessaire, car les aspects organisationnels, physiques et sociaux liés au milieu de travail doivent aussi être considérés (Shaw et al., 2012; Johnston et al., 2013).

À titre d’exemple, Shaw et al (2012) proposent quatre dimensions à prendre en compte dans un programme d’autogestion en milieu de travail : (1) Réduction de la douleur et des inconforts (ex : gestion du stress, hygiène de vie, gestion des paramètres de la tâche de travail); (2) Résolution de problème et prise de décision éclairées (ex. : décision sur les heures supplémentaires, les horaires, planification de carrière, etc.); (3) Communication efficace et utilisation des ressources disponibles  (soutien et compréhension des collègues, superviseurs, employeurs); (4) Gestion des pensées et émotions (ex. : gestion des pensées négatives, du stress associé à la précarité d’emploi).

La recherche sur les programmes d’autogestion en milieu de travail en est à ses débuts, ce qui laisse plusieurs questions en suspens en regard de leur application pour réduire l’incapacité au travail. Les recherches visées dans cette thématique devront donc permettre d’apporter un éclairage sur certaines dimensions liées à l’application de tels programmes à des fins de réduction de l’incapacité au travail, dont notamment :

  • L’identification des éléments que doivent comporter ces programmes et des approches qui doivent être utilisées pour les livrer adéquatement;
  • La caractérisation du profil des travailleurs qui sont susceptibles de mieux bénéficier de tels programmes;
  • L’évaluation de  l’acceptabilité sociale de ces programmes, autant de la part des travailleurs que des syndicats et des employeurs.

Note : Ces exemples sont donnés à titre indicatif.

Thématique 2: Difficultés spécifiques aux femmes dans un processus de retour et de maintien au travail.

Les travailleurs et travailleuses en situation de vulnérabilité regroupent des personnes qui, sur la base de leurs caractéristiques sociodémographiques ou professionnelles et des contextes de travail qui peuvent y être associés, courent un plus grand risque de lésions professionnelles ou d’incapacité prolongée. De nombreuses statistiques soutiennent que les femmes font partie de ce groupe, notamment en ce qui a trait au développement de troubles musculosquelettiques (TMS) et de l’incapacité au travail. Des mécanismes intrinsèques au sexe semblent pouvoir expliquer le développement de TMS et demandent à être étudiés, afin de développer des interventions efficaces pour favoriser le retour ou le maintien au travail.

De plus, au-delà de la composante biologique associée au sexe, une revue de la littérature fait ressortir des différences de genres entre les hommes et les femmes lors du processus de réadaptation au travail (Côté et Coutu, 2010). Les femmes auraient, entre autres, de plus grands défis liés à la conciliation des différents rôles sociaux (ex. : travailleuse, mère, responsable de la maison ou aidante naturelle) ce qui pourrait ralentir le retour au travail. Le cumul de conditions de vulnérabilité a également été très peu documenté.

Les recherches visées dans cette thématique devraient permettre de mieux comprendre les enjeux et besoins relatifs aux femmes dans un processus de retour et de maintien au travail en vue d’élaborer d’éventuelles stratégies qui soient spécifiquement adaptées à cette population. Les études pourront cibler certaines professions ou secteurs d’activité particuliers et porter notamment sur :

  • La caractérisation des facteurs de risques modifiables et non-modifiables de l’incapacité au travail chez les femmes, comparativement aux hommes;
  • La prise en compte du cumul des facteurs de vulnérabilité dans le retour et le maintien au travail chez les femmes  (ex. : en fonction de l’âge, de l’appartenance ethnoculturelle, etc.); 
  • L’interaction entre le genre et l’âge (jeunes vs travailleuses âgées) dans un contexte de retour et de maintien au travail;
  • L’interaction entre le genre et l’appartenance ethnoculturelle dans un contexte de retour et de maintien au travail;
  • Les considérations spécifiques à l’adaptation, le maintien et le retour au travail des femmes dans les métiers traditionnellement masculins.

Références

Cote, D. & Coutu, M.F. (2010) A critical review of gender issues in understanding prolonged disability related to musculoskeletal pain: how are they relevant to rehabilitation? Disabil.Rehabil., 32, 87-102.

Johnston, V., Jull, G., Sheppard, D.M. & Ellis, N. (2013) Applying principles of self-management to facilitate workers to return to or remain at work with a chronic musculoskeletal condition. Man.Ther., 18, 274-280.

Shaw, W.S., Tveito, T.H., Geehern-Lavoie, M., Huang, Y.H., Nicholas, M.K., Reme, S.E., Wagner, G. & Pransky, G. (2012) Adapting principles of chronic pain self-management to the workplace. Disabil.Rehabil, 34, 694-703.

Types de projets financés

  • Revue systématique de la littérature;
  • Étude pilote ou de faisabilité.

Note : L’étude des banques de données de la CNESST est exclue car cela fait présentement l’objet de travaux, notamment en ce qui a trait aux effets de l’âge et du sexe/genre.

Livrable attendu

Les chercheurs s’engagent à déposer les livrables suivants :

  • Rapport en français équivalent à un article scientifique et suivant les règles d’édition de l’IRSST ou une publication scientifique en anglais, soumise ou acceptée, accompagnée d’un résumé détaillé en français de deux pages;
  • Demande de fonds à un organisme subventionnaire provincial ou fédéral soutenue par le bilan de la littérature ou l’étude pilote.

Dispositions relatives au financement

Trois projets disposant chacun d’une subvention maximale de 40 000$ pourront être financés. Les travaux devront être réalisés et les livrables soumis au plus tard 18 mois suivant l’octroi de la subvention.

La subvention devra être utilisée pour le financement de dépenses courantes reliées directement à la réalisation du projet (ex. personnel de recherche, personnel de soutien, frais de déplacement et de rencontre, compensation monétaire pour le temps consenti par les experts, petits équipements de recherche). Les frais indirects de la recherche ne sont pas admissibles. Il convient cependant de noter que le versement d’allocations sous forme de bourses aux étudiants est autorisé afin de favoriser leur implication dans la réalisation des travaux.

Les récipiendaires de la subvention s’engagent à souligner la contribution financière de l’IRSST et du REPAR/FRQS dans toutes communications ou publications résultant des travaux subventionnés.

Critères d’éligibilité 1

L’équipe de recherche devra être interdisciplinaire et de nature interinstitutionnelle. L’équipe démontrera un effort d’intégration des chercheurs du domaine sur la scène provinciale.

Le chercheur qui signe la demande à titre de responsable du projet doit être citoyen canadien ou résident permanent du Canada et être rattaché à une université québécoise. De plus, au moins 50% des membres de l’équipe doivent être membres du REPAR/FRQS.

Cette initiative répond aux règles générales de l’IRSST et du REPAR/FRQS en ce qui a trait à l’éligibilité des chercheurs, à la recevabilité des demandes, aux dépenses admissibles ainsi qu’aux considérations éthiques, le cas échéant.

1 Les demandes ne respectant pas les critères d’éligibilité et de sélection seront éliminées et ne seront pas soumises à l’évaluation scientifique.

Procédure d’examen des dossiers

Les principales étapes de la procédure de sélection sont les suivantes :

  • Examen de la recevabilité administrative de la demande;
  • Examen, par le comité conjoint IRSST-REPAR/FRQS, de l’adéquation entre la demande et les objectifs de l’appel de propositions;
  • Évaluation de la qualité scientifique et classement général des demandes par des pairs selon les critères suivants :
    • qualité scientifique du devis proposé (50 points)
    • qualité, complémentarité et interdisciplinarité de l’équipe (35 points)
    • adéquation entre les prévisions budgétaires et la démarche proposée (10 points)
    • réalisme de l’échéancier (5 points)

À évaluation comparable, les projets visant le développement de collaborations internationales et intersectorielles seront priorisés.

Les décisions seront communiquées par lettre environ 10 semaines après la date de dépôt de la demande.

Modalité de soumission

La date limite pour soumettre une proposition est le 4 janvier 2016 à minuit (24h00).

Le dossier doit contenir les renseignements suivants :

  • Les demandes de financement dans ce programme sont soumises via le site Web du REPAR en complétant la feuille d’inscription du programme et en joignant une description du projet d’au plus 10 pages (simple interligne, times new roman 12 points, marges de 2,5 cm).
  • Le formulaire des signatures officielles peut être transmis par voie électronique, par télécopieur ou par courrier postal à l’attention de Madame Lucie Benoit (voir adresse ci-dessous).
  • Annexe 1 : présentant une ventilation du budget
  • Annexe 2 : présentant les références bibliographiques
  • Annexe 3 : incluant le curriculum vitae des chercheurs et chercheurs-cliniciens en utilisant le CV commun (format FRQS de préférence) et en se limitant aux cinq dernières années. Pour les collaborateurs, un CV d’une page doit être complété résumant l’expertise pertinente.

Une copie papier complète du dossier doit être transmise par courrier postal à l’attention de :

Madame Lucie Benoit
Technicienne en administration
Bureau de coordination du REPAR
Pavillon Gingras (4ième étage)
Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal
du CIUSSS Centre-Est-de-l'Île-de-Montréal
6300 Avenue Darlington
Montréal (Québec)  H3S 2J4
Téléphone: (514) 340-2771
Télécopieur: (514) 340-2154
Courriel: [email protected]

Information administrative REPAR/FRQS :

Madame Lucie Benoît
Pavillon Gingras (4ième étage)
514-340-2771