Le réseau québécois de prévention comprenant la CSST, les Agences de la Santé et des Services
Sociaux, les Centres Locaux de Services Communautaires et leurs points de service de même
que les Associations Sectorielles Paritaires regroupent plusieurs centaines de personnes oeuvrant
en santé au travail. Dans le cadre de leurs mandats, ils interviennent régulièrement dans les
entreprises afin d'y prélever des échantillons permettant d'évaluer la qualité de l'air. Ces
échantillons sont analysés de façon centralisée dans les laboratoires de l'IRSST.
Les résultats des échantillons prélevés dans l'air pour les années 2001 à 2008 ont déjà fait l'objet
d'analyse sur une base annuelle et les rapports produits ont permis d'identifier plusieurs
situations de fortes concentrations dans les grands groupes industriels de la Classification des
Activités Économiques du Québec à deux chiffres (CAEQ, 1984). Le présent rapport regroupe,
en un même endroit, tous les résultats des analyses environnementales émis par les laboratoires
de l'IRSST pour l'ensemble de cette période. Compte-tenu du volume important (359 120) de
résultats produits pendant cette période, il devient très intéressant de traiter les données de
manière à dégager un portrait détaillé des concentrations de polluants par classes industrielles de
la CAEQ à quatre chiffres plutôt que par grands groupes. Ce choix devrait en effet permettre une
lecture plus fine des résultats d'analyse et donc un éclairage plus percutant des situations
d'exposition évaluées où les substances chimiques considérées individuellement sont retrouvées
à des concentrations considérables dans les établissements. Afin de présenter la même réalité
selon différents angles et faciliter la compréhension des résultats en fonction des intérêts
spécifiques des intervenants, les résultats sont présentés selon les classes industrielles de la
CAEQ, par secteur prioritaire de la CSST et par substance. De fait, l'étude est réalisée dans le
but de rendre accessibles aux chercheurs et aux intervenants des informations pouvant appuyer
de nouveaux axes de recherche et aider à la priorisation de certaines interventions.
Seuls les résultats les plus pertinents en fonction de l'objectif de l'étude sont retenus. Ainsi,
quelques 68 342 résultats d'analyse rencontrent les critères d'extraction et font émerger les
combinaisons substance chimique - classe industrielle les plus susceptibles d'être problématiques
parmi les secteurs échantillonnés. Leur examen permet de distinguer 56 substances chimiques
réparties dans 183 classes industrielles et d'observer un total de 483 combinaisons substance
chimique - classe industrielle ayant fait l'objet d'au moins 25 analyses, durant la période 2001-
2008, et pour lesquels au moins 20 % des résultats d'analyses égalent ou excèdent 50 % de la
norme. Ces données, présentées en six annexes, démontrent la grande diversité des prélèvements
pour lesquels une proportion des résultats d'analyse a été mesurée en plus forte concentration.
Parmi les résultats d'exposition, plusieurs situations semblent particulièrement problématiques.
Le béryllium dans les Industries de produits chimiques organiques d'usage industriel, le plomb
dans les Grosses structures industrielles, l'aluminium dans les Autres services publics, le
manganèse dans les Autres commerces de gros de rebuts et matériaux de récupération, les
poussières non-classifiées autrement dans l'Industrie des produits en argile (argile canadienne),
les poussières de bois dans les Services forestiers, l'amiante dans les Autres industries de la
machinerie et de l'équipement, la nicotine dans les Services correctionnels et le mélange
d'isomères d'isocyanurate de triglycidyle dans le secteur de l'Industrie du revêtement sur
commande de produits en métal ne sont que quelques exemples de situations où plus de 60 % des
échantillons prélevés se situent au-delà de deux fois la norme.