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Communiqué   


           

Premier portrait des travailleurs québécois exposés aux substances cancérogènes 

France Labrèche Montréal, le 26 avril 2012 – Un premier portrait des travailleurs québécois exposés à des circonstances ou à des substances cancérogènes vient d'être brossé par une équipe de scientifiques de l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST). À partir d'une agrégation de données provenant de sept sources diverses, les chercheurs ont compilé des estimations d'exposition pour 38 substances cancérogènes avérées ou probables, que l'on retrouve notamment dans les listes de l'annexe 1 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail du Québec et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Ils ont par la suite estimé le nombre de travailleurs potentiellement exposés pour chaque cancérogène par secteur d'activité économique.

En utilisant cette approche, les 10 substances ou circonstances auxquelles les travailleurs québécois sont exposés en plus grande proportion sont le rayonnement solaire (6,6 %), le travail de nuit régulier ou sur quart rotatif1 (6,0 %), les gaz d'échappement diesel (4,4 %), les poussières de bois (2,9 %), les hydrocarbures aromatiques polycycliques - excluant les fumées diesel - (2,0 %), le benzène (1,7 %), la silice (1,5 %), le plomb (1,3 %), les rayonnements ultraviolets artificiels (1,1 %) et les huiles minérales (1,0 %).

Selon l'étude, plus de 50 000 travailleurs seraient exposés à des cancérogènes dans chacun des secteurs suivants : manufacturier, transport-entreposage, agriculture-foresterie-chasse et pêche ainsi que soins de santé. Plusieurs secteurs comportent plus de 20 cancérogènes différents. « Malgré les limites de l'étude, il apparaît clairement que plus de 230 000 travailleurs québécois seraient exposés à au moins un cancérogène avéré ou probable et que si on tenait compte d'autres cancérogènes pour lesquels nous n'avons pu obtenir de données, comme par exemple le radon ou les médicaments antinéoplasiques, ce nombre augmenterait de façon significative. Il faut aussi souligner que près de 100 000 jeunes de 15 à 24 ans œuvrent dans des secteurs où plus de 15 cancérogènes ont été répertoriés. Il est évident que la meilleure stratégie demeure la prévention car les cancers mettent plusieurs années à se développer », précise l'épidémiologiste France Labrèche, auteure principale de l'étude.

Ce premier portrait de l'exposition des travailleurs à des cancérogènes a aussi permis de constater une absence d'information et la nécessité de mieux quantifier l'exposition des travailleurs. Ainsi, les chercheurs estiment que la prévention des risques professionnels passe par une meilleure connaissance des populations exposées et des mécanismes d'exposition, de l'évaluation et de l'élimination ou la réduction des risques.

Le rapport de cette étude, qui constitue le premier volet d'une démarche de l'IRSST sur les cancers professionnels, peut être consulté gratuitement à http://www.irsst.qc.ca/

1 Le travail de nuit durant de nombreuses années est classé par le CIRC comme une cause probable de cancer du sein chez la femme.

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Source
Jacques Millette
Responsable des affaires publiques
IRSST

Pour information
France Labrèche, Ph. D.
IRSST
514 288-1551, poste 278

 
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